Alors que le nouveau président de la République, François Hollande, a inscrit la jeunesse au fronton des priorités de son quinquennat, la Mutualité Française et la Mutuelle des Étudiants (LMDE) ont présenté, le 22 mai, les résultats d'une enquête nationale, publiés sous la forme d'un ouvrage intitulé « Santé et conditions de vie des étudiants ».
Celui-ci dresse un panorama de l'état de santé et de la situation économique et sociale des étudiants en France. Sans être « alarmistes » sur l'état de santé des jeunes, la Mutualité Française et la Mutuelle des Étudiants se disent « fortement préoccupées par ces résultats et y voient les prémices d'une crise sanitaire ».
En effet, si la grande majorité des étudiants (82 %) s'estime en bonne santé, un sur cinq juge, néanmoins, que son état de santé s'est dégradé par rapport à l'année précédente. Un tiers des étudiants (34 %) déclare même avoir renoncé à des soins médicaux au cours des 12 derniers mois, principalement pour des raisons financières (29 %).
Plus grave : cette proportion s'accentue pour les étudiants estimant leur état de santé mauvais ou moyen, respectivement 53 % et 54 %. Par ailleurs, un étudiant sur cinq n'a pas de médecin traitant. À ces chiffres, il convient d'en ajouter un autre : 19 % des étudiants ne sont pas couverts par une complémentaire santé, contre seulement 6 % de la population générale (chiffres 2008 publiés en 2011).
« Or, les résultats de l'enquête montrent aussi que la complémentaire santé améliore l'état de santé des étudiants en facilitant l'accès aux soins, notamment pour consulter un dentiste, un ophtalmologue, un gynécologue ou des spécialistes », plaident la Mutualité Française et la LMDE.
Globalement, les étudiants ont une mauvaise perception de notre système de santé, montre l'enquête. En effet, « ils portent un jugement négatif sur l'égal accès aux soins en France et semblent perdre confiance dans notre système de protection sociale ».
Pour le président de la Mutualité Française, Étienne Caniard, les jeunes ont « des raisons objectives d'être inquiets ». Selon lui, « il faut donc redonner tout son sens au pacte solidaire propre à notre système de protection sociale et lui permettre d'intégrer des situations nouvelles, notamment la précarisation des jeunes, qui, à la sortie de leurs études, connaissent une assez longue période d'instabilité professionnelle ».
Pour le président de la LMDE, Gabriel Szeftel, « les étudiants subissent de plein fouet les reculs de l'assurance maladie obligatoire, car ils « consomment » principalement les soins de premier recours ». Franchises médicales, participations forfaitaires, baisse de remboursement des médicaments... viennent grever d'autant leur budget. « Dans ces conditions, le bénéfice d'une complémentaire santé est devenu indispensable. Or, les dispositifs de Couverture maladie universelle complémentaire et d'Aide à la complémentaire santé ne sont pas adaptés aux étudiants. Face à un système de protection social inapproprié, il ne faut pas s'étonner de la perte de confiance des jeunes ».
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