Un rapport présente le premier bilan des bibliothèques numériques de référence

Communication

Créées à partir de 2010, les bibliothèques numériques de référence (BNR) sont un succès et ont un impact sur le développement du numérique dans les territoires, selon un bilan de l’Inspection générale des bibliothèques. Il faudrait maintenant poursuivre le maillage territorial et favoriser la coopération entre les BNR situées sur des territoires proches.

Le programme national des bibliothèques numériques de référence (BNR) a été lancé par le ministre de la Culture et de la Communication en mars 2010 pour doter les collectivités de bibliothèques numériques de haut niveau. Un bilan positif, selon l’Inspection générale des bibliothèques*. Riche de vingt-et-un établissements et vingt-trois projets fin 2015, alors qu’il visait seulement cinq labellisations, ce dispositif a accéléré la modernisation des équipements de lecture publique et facilité l’aménagement numérique du territoire. Deux objectifs vers lesquels le dispositif a été réorienté en 2015, alors qu’il était au départ axé sur la dimension patrimoniale. Le rapport émet onze recommandations pour la poursuite du programme.

La subvention moyenne de 563 000 euros (environ 61 % de la dépense éligible) a aidé les bibliothèques labellisées à se moderniser plus rapidement et à lancer des projets plus ambitieux en matière de patrimoine et de lecture publique. Avec la dématérialisation, elles ont pu élargir l’offre, en ligne ou sur place, et fournir des contenus adaptés à certains publics (jeunes, personnes âgées, personnes handicapées…), retrouvant ainsi leur fonction éducative et s’ouvrant à de nouveaux enjeux en matière sociale.

Toutefois, il manque une offre numérique éditoriale adaptée au cadre juridique et aux contraintes des BNR, ce qui freine le  développement des collections et services dématérialisés. Infrastructures informatiques, réseaux, réaménagement des espaces, matériels et logiciels, stockage des données… : la conversion au numérique entraîne des coûts de modernisation importants. Les projets de BNR sont en outre complexes pour les collectivités.

Les BNR doivent renforcer la formation du personnel au numérique et à la médiation, et maîtriser des coûts de fonctionnement croissants : répartition du budget d’acquisition entre documents matériels et documents numériques, stockage numérique et archivage pérenne, maintenance des équipements informatiques et technologiques, politique de ressources humaines adaptée à la médiation numérique…

Face aux nombreuses candidatures, il conviendrait de recentrer le label sur des projets exclusivement numériques, répondant à des critères d’excellence : collections et services régionaux de premier plan, interopérabilité (Bibliothèque nationale de France, réseaux 
régionaux et locaux…), accessibilité, conseil des bibliothèques de leur territoire, coordination d’opérations sur le patrimoine et la lecture publique…

Le rapport recommande la signature d’une convention entre l’État et la collectivité pour formaliser leurs engagements et donner une visibilité politique aux BNR. Le suivi du programme devrait être renforcé par la création d’une commission dédiée et l’adoption d’un protocole d’évaluation : indicateurs, évaluations annuelles, bilan final. Il faudrait également évaluer l’impact de la numérisation sur les publics.

Le rapport préconise enfin une couverture équilibrée des territoires, en définissant les collectivités ciblées, et une coopération entre les BNR de territoires proches.

 

Marie Gasnier

 

* Source : Premier bilan du dispositif national des Bibliothèques numériques de référence, Rapport, Isabelle Duquenne, ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ministère de la Culture et de la Communication, novembre 2016

Posté le par Marie Gasnier

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