Bâtiment : utiliser les matériaux bio-sourcés pour favoriser l’économie circulaire

Développement durable

Les collectivités peuvent s’appuyer sur la commande publique pour privilégier l’achat de matériaux bio-sourcés dans le bâtiment, au service de l’économie circulaire.

À travers la commande publique durable, les collectivités doivent contribuer à réussir la transition vers l’économie circulaire, prévue par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015. En privilégiant la réutilisation et le recyclage des déchets, le texte vise 55 % de déchets organiques valorisés sous forme de matière et non d’énergie en 2020 et 65 % en 2030.

Dans le secteur du bâtiment, extrêmement consommateur de ressources, les collectivités peuvent favoriser l’économie circulaire en choisissant notamment des matériaux bio-sourcés, issus de filières françaises.

Fabriqués à partir de matières premières issues de la biomasse végétale et animale, il s’agit, par exemple, de bétons végétaux, panneaux isolants, constructions en bottes de paille, matériaux composites…

« Les matériaux produits sont à la croisée des chemins de mondes aussi différents que ceux de l’agriculture, de l’industrie et du bâtiment », expliquent les experts du réseau Karibati.

Leurs propriétés (matière première de substitution renouvelable, faible consommation d’énergie et d’eau pour la fabrication, stockage carbone…) répondent aux enjeux d’économie circulaire : économie de ressources en amont, utilisation de ressources qui émettent le moins de rejets, réutilisation de matière en aval du cycle, allongement de la durée d’usage et optimisation d’utilisation.

Ils présentent également des performances techniques (isolation thermique et acoustique, comportement hygrothermique, durabilité) et des avantages économiques : baisse du coût global de l’énergie, nouvelles activités agricoles et industrielles, développement de filières locales, qualité sanitaire…

Plusieurs familles de produits et de systèmes constructifs proposent des matériaux issus de la biomasse. Les isolants, fabriqués à partir de fibres végétales ou recyclées (bois, chanvre, lin, balle de riz ou de céréales, coton recyclé, papier recyclé) sont utilisés pour isoler, par l’intérieur ou par l’extérieur, les murs, toitures et sols en construction neuve ou rénovation.

Aussi performants que les matériaux traditionnels, ils sont plus efficaces pour le confort d’été, l’hygrothermie ou l’acoustique.

Constitués d’un granulat végétal (chanvre, bois, lin, miscanthus, colza, tournesol…) et d’un liant minéral, bétons et mortiers végétaux améliorent le confort de l’habitat grâce à leurs propriétés thermiques, hygrothermiques, acoustiques et mécaniques.

Ils servent notamment pour des doublages intérieurs ou extérieurs de murs existants, des isolations de sol ou de toiture et des enduits intérieurs.

Les peintures, vernis, pigments et colles qui comportent des ingrédients naturels et biosourcés améliorent la qualité de l’air intérieur.

Les systèmes « intégrés » préfabriqués (bois d’œuvre, isolants, paille, bétons végétaux) associent différents matériaux biosourcés et assurent l’ensemble des fonctionnalités d’une paroi : structurelle, isolation, finitions, réseaux…

On trouve aussi des panneaux de cloisonnement (plaques de fibre de papier recyclé, panneaux d’anas de lin ou de paille compressée) pour diverses utilisations : contreventement, cloisonnement, planchers, paroi coupe-feu.

 

Marie Gasnier

 

Voir aussi : Innova’ter, rendez-vous de l’innovation territoriale, Paris, 26 septembre 2017

Posté le par Marie Gasnier

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