Fonctionnaires : pétition de la CFDT, journée d’appel à la mobilisation

Dialogue social

La CFDT de la fonction publique a lancé mardi 22 mars une pétition réclamant « une négociation annuelle obligatoire » sur les salaires face au « malaise des agents », que le dégel du point d’indice ne suffira pas à lever, selon elle.

« Nous notons un premier geste positif sur la revalorisation salariale mais ce n’est pas satisfaisant », a répété Brigitte Jumel, secrétaire générale de l’UFFA-CFDT, lors d’une conférence de presse. Elle a rappelé que la hausse de 1,2 % du point d’indice sera de « cinq centimes sur deux années civiles ».

« Il n’y aura pas de réelle amélioration des carrières et des conditions de travail sans une négociation salariale annuelle obligatoire sur les salaires », a-t-elle ajouté, en déplorant « nombre de dossiers qui n’avancent pas » et en annonçant la mise en ligne d’une « pétition » baptisée « je suis fonctionnaire, je suis une richesse », adressée au gouvernement.

Cette pétition, lancée au jour d’un nouvel appel à la mobilisation des fonctionnaires par la CFDT, seule avec la FSU, demande « l’ouverture immédiate de négociations sur les conditions de travail, la protection sociale complémentaire, la prévention de la pénibilité, l’avenir des métiers et du service public ».

Les fonctionnaires étaient appelés à se mobiliser selon des modalités diverses, essentiellement par des rassemblements, selon la CFDT, qui mentionnait « Strasbourg, Brest, Besançon, Rouen et Lille » dans un tweet de l’UFFA-CDFT.

La FSU (principal syndicat enseignant) a également réclamé « des mesures de rattrapage » dans un courrier adressé au Premier ministre, Manuel Valls.

Selon le ministère de l’Éducation, « moins de 1 % » de personnels étaient en grève dans le primaire et le secondaire.

Selon Nathalie Canieux, de la CFDT Santé/Social, la situation est particulièrement difficile pour les personnels hospitaliers qui ont « besoin de gestes significatifs au regard de ce qu’ils vivent sur le terrain ». Elle a cité l’exemple des aides-soignants et du personnel travaillant en maisons de retraite dont le métier « a beaucoup évolué et doit être reconnu sur ses nouvelles compétences », de même que les infirmiers. Elle a déploré que certains hôpitaux comptent « 40 % de contractuels ».

« Il y a eu la loi santé, le PPCR (accord sur la revalorisation des carrières et salaires des fonctionnaires) », sans « résultats concrets ». « Il faut que les dossiers avancent », a ajouté Mme Canieux.

Claire le Calonnec (CFDT Territoriale) a rappelé que 77 % des agents de la fonction publique territoriale faisaient partie des plus bas salaires des fonctionnaires « dans un contexte où l’argent des collectivités locales est de plus en plus rare ».

Concernant l’Éducation et la Recherche, Frédéric Seve (SGEN) a dénoncé « une contradiction entre les déclarations très politiques et le ressenti des personnels sur le terrain » et le « manque d’attractivité des métiers » ainsi que de « reconnaissance des compétences ».

« De simples mesures salariales ne suffisent pas à solder le malaise », a-t-il ajouté, dénonçant « la précarité » de nombreux personnels enseignants et « le manque de volonté politique pour avancer sur les dossiers en souffrance comme la parité salariale entre professeurs des écoles et second degré ». Il a rappelé que « certains établissements comptent 50 % de contractuels et n’ont pas eu de professeur de maths titulaire depuis dix ans ».

Damien Leroux, CFDT Finances / Affaires économiques, a confirmé aussi le malaise dans son secteur, évoquant notamment l’administration fiscale et les douaniers, appelés à se mobiliser mardi et jeudi « dans un cadre intersyndical ».

 

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Posté le par Rédaction Weka

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