Publication d'une enquête universitaire sur l'évolution des missions du chef d'établissement

08 avr. 2009
La revue publie en ligne une étude de la sociologue Anne Barrère intitulée « Les chefs d'établissement au travail, hétérogénéité des tâches et logiques d'action ».

Des missions élargies

Anne Barrère indique que les chefs d'établissement ont vu leurs missions s'élargir du fait de la décentralisation, mais aussi se réorganiser au travers des discours sur le nouveau management public. Ces transformations sont abordées ici sous l'angle du travail quotidien des principaux et proviseurs, l'analyse s'appuyant sur une enquête effectuée dans une quarantaine d'établissements. L'auteur précise que, de représentants de l'État, les chefs d'établissement sont devenus de véritables prescripteurs au niveau local. Gestionnaires d'une organisation bureaucratique traditionnelle, ils ont désormais aussi vocation à impulser et réguler des politiques et des projets d'établissement.

Une activité multiple et dispersée

Anne Barrère montre comment les tâches multiples qu'ils assument, à cheval entre le monde de l'efficacité et celui des valeurs de l'école républicaine, mais aussi la coexistence de différentes « temporalités organisationnelles », fragmentent l'activité quotidienne et lui confèrent une grande hétérogénéité. Ainsi, comme la plupart des cadres, les chefs d'établissement vivent au quotidien l'agencement d'une pluralité de tâches dispersées, avec de multiples interlocuteurs, sur un volume horaire lourd.

Elle décrit par le menu les moments qui scandent l'emploi du temps des personnels de direction : DHG, remontée de la base élèves, réunions institutionnelles… mais aussi mouvements sociaux, problèmes météorologiques, conflits entre personnes, exclusions d'élèves. Au-delà de cet ensemble qui s'impose par la répétition ou l'urgence, doivent trouver place la réflexion et l'action au titre du projet d'établissement.

Deux préoccupations : la réactivité et la visibilité des résultats

Face à cette situation de dispersion, deux préoccupations majeures des chefs d'établissement apparaissent comme des principes organisateurs capables de donner de l'unité au travail quotidien : la réactivité à des situations différenciées, et la visibilité des résultats de l'action. Car les chefs d'établissements marquent leur préférence pour l'action : il s'agit de « faire tourner » mais aussi de « faire bouger » l'établissement. Il y a recherche de réactivité et d'efficacité, de visibilité de l'action et des résultats obtenus. Dans ce cadre, le travail relationnel occupe à leurs yeux une place essentielle.

Anne Barrère conclut ainsi : « Les chefs d'établissement sont parfois découragés par le caractère décousu de leur travail (…) et par la difficulté à dégager du temps pour la réflexion prospective. Pourtant, la pluralité des domaines d'action, la forte personnalisation des tâches relationnelles et la recherche d'un effet-chef d'établissement les préservent en partie de la "baisse du taux de motivation" que traversent aujourd'hui nombre de cadres ».

Pour en savoir plus :

Consulter l'étude « Les chefs d'établissement au travail, hétérogénéité des tâches et logiques d'action » sur le site de la revue Éducation et formation.

 

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