Jean-Paul Huchon suggère d’orienter davantage la taxe d’apprentissage vers l’apprentissage

Emploi

Le président du conseil régional d’Île-de-France, Jean-Paul Huchon (PS), a proposé mercredi de consacrer par la loi les trois quarts des ressources de la taxe d’apprentissage à l’apprentissage, au lendemain d’annonces de Nicolas Sarkozy sur la formation en alternance.

Rendant visite au CFA (centre de formation d’apprentis) de la danse à Paris, M. Huchon s’est « réjoui » de « voir le gouvernement s’intéresser enfin à l’apprentissage ». « Ce que le chef de l’État découvre aujourd’hui c’est ce que nous faisons et disons depuis des années, l’apprentissage est le meilleur passeport pour l’emploi des jeunes », a-t-il déclaré, suggérant « quelques idées simples », comme l’orientation de la taxe d’apprentissage vers l’apprentissage. Dire comme M. Sarkozy qu’on va geler les 52 % de la taxe allant à l’apprentissage (48 % pouvant allant aujourd’hui à différents organismes comme les grandes écoles), « çà devrait rapporter de 6 à 7 millions d’euros à l’Île-de-France, c’est ridicule par rapport aux 382 millions que nous dépensons et aux sommes qu’il faudrait », a affirmé M. Huchon.

La taxe d’apprentissage est un impôt versé par les entreprises à un organisme collecteur, qui permet de financer les dépenses nécessaires au développement de l’enseignement technologique, professionnel et de l’apprentissage. Actuellement cette taxe (entre 0,5 % et 0,6 % de la masse salariale, un peu moins en Alsace-Moselle) transite par 145 organismes. Elle est versée chaque année avant le 1er mars, l’entreprise pouvant choisir à quelle école elle la destine. Son produit est élevé (1,8 milliard d’euros en 2008, un peu plus en 2009). M. Huchon a également prôné la mise en place d’une « vraie filière de formation en apprentissage dans la fonction publique d’État », qui concernerait « 16 000 jeunes, rien qu’en Île-de-France ». Il a recommandé de garantir dans les marchés publics la place à l’apprentissage à travers des critères de performance sociale (embauche de jeunes en contrats d’apprentissage, recrutement à l’issue de ces contrats…) et de décentraliser les budgets relatifs à l’emploi des jeunes au niveau des régions.

« L’apprentissage, ça ne ne se décrète pas, ça se construit jour après jour », a-t-il dit, accueillant favorablement la proposition du ministre du Travail, Xavier Bertrand, de matérialiser le partenariat avec la région dans le cadre des contrats d’objectifs et de moyens. L’objectif étatique serait de 118 000 apprentis en 2015 contre 94 000 jeunes en formation en Île-de-France en 2011, après une hausse de 40 % en cinq ans.

M. Huchon a annoncé la présentation en avril d’un rapport-cadre proposant de nouveaux contrats en Île-de-France avec les CFA favorisant développement durable et doubles formations (exemple : formation CAP de fleuriste ou électricien doublée d’une formation à l’entreprenariat) ainsi qu’un soutien plus ciblé aux employeurs. Au montant légal de base de 1 000 euros par apprenti et par an s’ajouteront une majoration de 500 euros pour les employeurs de moins de 10 salariés et une majoration de 500 euros si l’apprenti prépare un CAP ou un Bac professionnel.

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Posté le 03/03/11 par Rédaction Weka

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