Les cimetières intercommunaux, des éléments importants pour l’environnement

Funéraire

Bâtiments conçus par des architectes renommés, fontaines, sculptures, arbres de haute tige, paysages vallonnés… Les cimetières autour de Paris sont des lieux de promenade et de visite dont les qualités architecturales et environnementales doivent être préservées.

Créés pour remédier à la saturation des cimetières communaux de la métropole parisienne, les cimetières intercommunaux offrent une diversité de patrimoines et de paysages qu’il convient de préserver. Ils abritent parfois des végétaux sur plus des trois quarts de leur superficie. Certains, du fait « de leurs dimensions et de leur complexité programmatique », représentent même un patrimoine du XXe siècle « remarquable mais inégalement reconnu », selon l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) et le Syndicat intercommunal funéraire de la région parisienne (Sifurep)*, qui ont étudié sept cimetières intercommunaux, composés de trente-quatre communes adhérentes.

Le cimetière du Parc à Clamart et celui des Joncherolles, notamment, sont de véritables parcs. Le taux de végétation est aussi très élevé dans le cimetières de la Fontaine Saint Martin à Valenton (77,8 %) et celui du Parc à Clamart (76,7 %).

Les cimetières intercommunaux possèdent souvent quantité d’arbres de haute tige : 57,4 % de la végétation du cimetière du Parc à Clamart est constituée d’arbres de 10 mètres et plus. Dans les autres cimetières, c’est la strate herbacée qui est majoritaire, comme à Chevilly-Larue (77,5 %) et à Bondy Le Pré-Saint-Gervais (72,6 %).

Ces espaces verts incitent les habitants à se promener dans les cimetières, qui sont parfois ouverts lors des journées du Patrimoine et sont choisis comme lieux de tournages de films.

La plupart des cimetières intercommunaux étudiés sont constitutifs de la trame verte et trois sont entièrement classés en zone naturelle et forestière. Leur paysage, leurs arbres remarquables et l’ensemble des strates végétales qu’ils recèlent doivent être protégés car ils contribuent à la préservation de la biodiversité. Pourtant, à l’exception d’une partie est du cimetière du Parc (Clamart), aucun d’entre eux n’est identifié sur la carte de la trame verte et bleue des départements de Paris et de la petite couronne (schéma régional de cohérence écologique de 2013). Ce, même lorsqu’ils sont à proximité de réservoirs de biodiversité. Ils devraient être davantage valorisés.

Les cimetières de l’étude pratiquent une gestion durable, plus ou moins complète : aire de stockage des déchets végétaux, récupération d’eau de pluie pour l’arrosage, amélioration de la gestion des eaux pluviales… Seuls deux d’entre eux ont supprimé les pesticides pour entretenir les allées (Joncherolles et Tremblay-en-France), et deux autres ont entrepris de limiter leur utilisation. La démarche « zéro phyto » est toutefois difficile, les familles étant « intransigeantes aux mauvaises herbes ». Le désherbage à la flamme ou grâce aux moutons n’offre pas un résultat satisfaisant et le désherbage manuel est très onéreux. Une campagne d’information des familles et des visiteurs semble donc nécessaire au préalable.

 

Marie Gasnier

 

* Source : Situation et enjeux des cimetières intercommunaux, Apur, Sifurep, septembre 2016

Posté le par Marie Gasnier

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