Ingénierie de construction : une multitude de petits bureaux d’études

17 nov. 2009
Les sociétés d’ingénierie de construction coordonnent des projets, de leur conception à leur exploitation. Elles sont 33 000 en France. Un marché dominé par des sociétés spécialisées par industrie et des majors de l’environnement, du génie électrique et des transports.

Les projets de construction s’articulent autour de trois grandes étapes : la conception, le développement, la construction, la réalisation et l’exploitation d’un ouvrage unique. Il est nécessaire pour cela de coordonner de nombreux intervenants par « corps de métier » afin de gérer le projet, le financer, effectuer les études, fournir les matériaux ou les équipements et exécuter les opérations de construction. Les réalisations vont de la construction d’ouvrages simples (mobilier urbain) et standards jusqu’à la réalisation de grands projets tels que des Lignes à grande vitesse, des routes ou des voies fluviales. La coordination de ces opérations est confiée à des sociétés d’ingénierie.

Un secteur atomisé

Ce secteur de l’ingénierie est très atomisé, d’une part parce que les grandes entreprises externalisent ce service, et d’autre part parce que la demande a été forte ces dernières années. En France, 33 000 entreprises emploient 220 000 personnes pour un chiffre d’affaires de 36 milliards d’euros. Le secteur est composé d’une multitude de petites sociétés (bureaux d’études) mais reste dominé par des entreprises spécialisées sur un type de marché (pétrolière, travaux publics, nucléaire…) ou par des filiales de grands groupes de génie électrique ou encore de transport, davantage positionnées sur des prestations d’ingénierie d’infrastructure de transports ou de retraitement des déchets. Le marché peut se segmenter ainsi : l’ingénierie indépendante dont c’est l’activité principale (ex : Technip, Jacobs, Assystem) ; l’ingénierie intégrée, qui exerce son activité au sein du public ou du privé (ex : Vinci, GDF, SNCF), est un modèle encore très important dans le secteur public. Enfin, l’ingénierie « fournisseurs ». Ces derniers prennent en charge, selon leur périmètre de compétence, une partie de l’ingénierie (ex : Alstom, Ponticelli, GE). On y trouve majoritairement de l’ingénierie d’exécution.

2009 : l’activité ralentit

Le phénomène d’externalisation par les entreprises des prestations d’ingénierie associé à une demande vigoureuse avaient garanti un haut niveau d’activité à la profession depuis 2002. Après une hausse en 2008 (au moins 10 %), le chiffre d’affaires des opérateurs ne progressera que de 1 à 3 % d’ici la fin 2009. Dans un contexte d’incertitudes économiques, les clients adoptent une position plus attentiste, surtout dans le secteur privé qui se concentre sur les marchés de rénovation. A contrario, les investissements du secteur public ne faiblissent pas, soutiennent le marché et contiennent sa chute. Une baisse de l’activité à contraster en fonction des secteurs. Si celui de la construction est particulièrement touché par l’effondrement de l’immobilier résidentiel, la demande reste forte, en revanche, pour les bâtiments publics (hôpitaux, administrations…).

Deux autres secteurs échappent à la crise : celui des infrastructures, notamment des transports où le plan de relance du gouvernement joue entièrement son rôle, et le secteur de l’énergie.

Des acteurs variés

Trois grands types de sociétés d’ingénierie de construction se distinguent en fonction de leur compétence métier (conception, construction, management de projet). Les majors ont des compétences multimétiers et possèdent la capacité de gérer des grands projets. On peut citer par exemple : Technip, Jacobs , SNC Lavalin…

Les spécialistes par métier ou compétence sont des sociétés adossées à de grands groupes, spécialisées sur un secteur particulier et évoluant dans un marché mondialisé. Ce sont des groupes du BTP (Vinci, Bouygues, Eiffage…), du ferroviaire (EGIS, Arcadis…), ou encore de l’énergie (Tebodin, Sofregaz, Geostocks…).

Enfin, les spécialistes nationaux, de plus petite taille, ont des ancrages forts sur quelques métiers. Parmi eux : Gaudriot (environnement), Ginger (construction), Cegelec (électricité), Devoteam (Telecoms) ou encore Assystem (management de projet).

Différents emplois

Les sociétés d’ingénierie fournissent différents degrés de services. Le type de collaboration est à adapter en fonction des besoins des collectivités.

Ces sociétés peuvent servir de support aux établissements souhaitant garder la maîtrise du projet en interne et ne disposant pas des ressources nécessaires ou désirant déléguer une partie de leur maîtrise d’ouvrage. Si la collectivité est dotée d’une ingénierie interne forte, elle peut confier à une société d’ingénierie la réalisation des études de conception puis la réalisation des travaux en lots à plusieurs prestataires. La collaboration de type « gérance » concerne les établissements réalisant ou sous-traitant la conception du projet et choisissant un partenaire maître d’œuvre pour les assister dans le choix et le pilotage des différents corps de métiers lors de la construction.

La collaboration « conception/réalisation » concerne, elle, les établissements confiant la conception à un assistant maître d’œuvre et la réalisation à un prestataire unique. Ce modèle est celui de la loi MOP (loi du 12 juillet 1985 relative à la maîtrise d’ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d’œuvre privée). La variante « clé en main » consiste à confier la conception et la réalisation à un même prestataire.

Le partenariat public-privé (PPP) concerne les établissements qui confient à un prestataire les opérations de conception, financement, réalisation, exploitation et maintenance. C’est le cas par exemple des secteurs hospitalier, pénitentiaire et ferroviaire.

Optimiser ses achats d’ingénierie de construction -nécessite par conséquent de mener une réflexion préalable pour :

– définir une politique Make or Buy adaptée : quels sont les moyens et compétences stratégiques à conserver en interne et à externaliser ?

– structurer un panel fournisseurs restreint afin d’engager une relation pérenne et faciliter la contractualisation avec obligation de résultat ;

– rationaliser et standardiser les besoins en élaborant des spécifications fonctionnelles pour limiter les -risques et sécuriser les délais.

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