Le candidat socialiste a confirmé jeudi son intention de mettre fin au non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans la Fonction publique d'Etat et de créer 12.000 postes par an dans l'Education et 1.000 dans la police, justice gendarmerie. Mais il s'est engagé dans le même temps à ne pas augmenter le nombre d'agents.
Tout en reconnaissant que certains ministères ne verraient "pas nécessairement" tous les départs remplacés, il a dit avoir "là dessus une certaine souplesse", grâce à la "loi de programmation militaire qui a été votée".
Cette loi, qui définit les grandes orientations de la Défense en hommes, infrastructures et matériels, prévoit la suppression de 54.000 emplois militaires et civils sur 320.000 sur la période 2009-2014.
Selon M. Sapin, cette loi, que "personne n'a l'intention de remettre en cause", se traduit par une "diminution des effectifs de 8.000 emplois" chaque année qui font partie de la Fonction publique d'Etat.
Pour le responsable, "le seul fait de ne pas changer le rythme actuel dans la Défense donne la variable qui permet de faire en sorte que les autres administrations ne soient absolument pas sacrifiées".
Ainsi, dit-il, "cela veut dire qu'il n'y a plus dans tout le reste des administrations que 5.000 postes de gens partant à la retraite et qui ne sont pas remplacés".
Selon M. Sapin, ces non-remplacements pourraient concerner les agents de l'Etat qui travaillent notamment dans l'administration territoriale "avec une meilleure décentralisation et une plus grande clarification des compétences".
Il a également évoqué "toute l'évolution des nouvelles technologies et des nouvelles méthodes administratives qui font gagner naturellement un certain nombre de postes, par une amélioration de la qualité du service rendu et une amélioration des conditions de travail des personnels".
De façon plus générale, M. Sapin a souligné qu'avec le projet de M.Hollande, "toutes les administrations sont gagnantes par rapport à la situation d'aujourd'hui, toutes verront le nombre de postes supprimés réduit. Et dans l'Education nationale et la Police-Justice, le nombre de postes augmentera".
"Si on continue avec Nicolas Sarkozy, il y aura 30.000 emplois dans toutes les administrations" qui seront supprimés chaque année si la règle du "un sur deux" se poursuit, a-t-il insisté. Cette règle, inscrite dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) lancée en 2007, a engendré plus de 150.000 suppressions de postes dans la Fonction publique d'Etat.
Jeudi, le ministre de la Fonction publique François Sauvadet avait jugé le programme de M. Hollande "intenable", affirmant qu'il conduirait à ne pas remplacer "70%" des départs dans certains ministères.
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