La Cour des comptes s’inquiète des surcoûts du métro du Grand Paris

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La Cour des comptes s’inquiète du « dérapage considérable » du coût du Grand Paris Express, le futur métro automatique qui doit irriguer la banlieue parisienne, appelant à « revoir le calendrier » de réalisation du projet et à réviser son périmètre.

Chiffré à 19 milliards d’euros lors du débat public en 2010, le super-métro était déjà évalué à 22,63 milliards lorsque le projet a été affiné en 2013. Or, note la Cour dans un rapport que l’AFP a consulté, les « coûts prévisionnels (…) n’ont cessé de dériver » depuis.

Le coût total du Grand Paris Express, qui doit en principe entrer en service en 2023, serait finalement de 35,08 milliards d’euros, la facture atteignant même 38,48 milliards en ajoutant les « contributions financières » apportées par la Société du Grand Paris (SGP), l’établissement public en charge du projet, à d’autres projets franciliens.

« Ces réévaluations successives des coûts du projet pourraient remettre en cause sa pertinence socio-économique », juge la Cour des comptes, qui s’inquiète d’une trajectoire financière non maîtrisée ».

Concernant l’endettement nécessaire de la SGP pour financer ses investissements, le montant des frais financiers atteindrait selon elle « près de 134 milliards d’euros et l’échéance de remboursement complet de la dette serait reporté de 25 ans, de 2059 à 2084 ».

Et encore, des surcoûts ou des variations, « même limitées (…) du rendement des taxes fiscales, des taux d’intérêt ou de l’indice du coût de la construction pourraient alourdir très fortement la charge que constituent les frais financiers et reculer la dernière année de remboursement au-delà de 2100, voire faire entrer la SGP dans un système de dette perpétuelle », avance la Cour.

Tout en émettant « de sérieuses interrogations sur la capacité à respecter les échéances olympiques de 2024 » (l’accueil des JO à Paris), la Cour des comptes recommande à l’État de revoir la gouvernance de la SGP. Elle prône aussi « une révision du périmètre du projet et de son phasage, faute de quoi il serait contraint d’affecter à l’établissement de nouvelles recettes ».

« Le schéma d’ensemble n’est pas remis en cause », a indiqué mardi 16 janvier la ministre des Transports Élisabeth Borne au Sénat.

Le gouvernement a demandé au préfet de la région Île-de-France de réfléchir à un phasage du projet. Il devrait donner « le calendrier recalé sur des bases réalistes » dans les prochain jours.

Le chantier du Grand Paris Express, le plus grand d’Europe, porte sur la création de 200 kilomètres de lignes et 68 gares en rocade autour de la capitale. Mais les élus locaux ont déjà fait part ces dernières semaines de leurs inquiétudes sur des suppressions ou suspensions de lignes.

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