Les métropoles de province siphonnent la croissance démographique

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Les métropoles de province – Bordeaux, Nantes, Montpellier, Rennes, Toulouse et Lyon – voient leur population augmenter chaque année de plus de 1 %, centre-ville et périphérie proche comprise, au détriment des zones périurbaines situées à plus de 30 minutes du centre, selon une enquête de l’Insee publiée mardi 15 janvier 2019.

Depuis 30 ans, la démographie française était marquée par l’étalement urbain. C’est peut-être en train de changer : désormais, les métropoles de province connaissent la plus forte croissance, et le dynamisme démographique décline au fur et à mesure qu’on s’éloigne du cœur de ville.

Entre 2011 et 2016, la population augmente plus vite dans les communautés de communes au voisinage immédiat de la métropole – jusqu’à 30 minutes en voiture – de la métropole la plus proche. Au-delà de 30 minutes, la croissance fléchit de moitié. « Les parents s’étaient installés dans les lotissements, les enfants se rapprochent des villes », résume Vincent Vallès, responsable de la division exploitations statistiques du recensement national. « Le coût de l’essence dissuade les candidats à l’installation loin des métropoles ».

Le cas du Grand Paris, une des 22 métropoles étudiées, est atypique : le taux de croissance de la population a été divisé par deux entre les périodes 2006-2011 et 2011-2016. La population continue de croître mais moins fortement. Plus de ménages quittent le Grand Paris que de familles qui s’y installent et seules les naissances soutiennent la croissance de la population.

En 2016, le Grand Paris comptait 7 millions d’habitants, soit 0,3 % de plus chaque année, grâce au solde naturel (1 %) qui compense le solde entre arrivées et départs (- 0,7 %). « Ces dernières années, la situation démographique des territoires éloignés se dégrade », constate l’Insee, qui ne va toutefois pas jusqu’à y voir une raison de la crise des « gilets jaunes », car il faudrait recouper l’enquête démographique avec d’autres enquêtes sur les revenus par exemple.

Mais l’Institut national de la statistique observe le net déclin en population d’une large bande allant du Nord-Est au sud du Massif central. Dans cette « diagonale du vide », un terme né dans les années 60, les communes perdent plus de 0,5 % de leur population chaque année.

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