Mobilité : priorité au désenclavement, rendez-vous en février

Administration

Une priorité va être donnée au désenclavement de territoires dépourvus de transports publics, a annoncé mercredi 13 décembre le gouvernement, en promettant de présenter en février une stratégie de mobilité qui reprendra certaines des centaines de propositions énoncées en trois mois de consultations.

« La situation de la mobilité dans une partie importante de notre territoire est vraiment facteur d’exclusion », a déploré mercredi 13 décembre la ministre des Transports Élisabeth Borne, lors d’un point presse à l’issue de la clôture des Assises de la mobilité.

« Quand vous êtes dans une ville moyenne mal desservie, je ne vois pas quelle entreprise va venir s’y établir, il y a même des entreprises qui ont du mal à s’y maintenir », a souligné la ministre.

Le gouvernement veut ainsi lancer « un plan de désenclavement complet de la France à l’échelle d’une décennie ».

Il faudra attendre février pour savoir quels grands projets d’infrastructure parmi la vingtaine mis en pause début juillet auront une chance de voir le jour. Mme Borne a fait état « d’investissements vitaux » avec lesquels elle ne transigera pas ».

En font partie les « routes nationales dont la mise à niveau tant attendue est encore inachevée », a-t-elle dit, citant Aurillac ou Prades, et les « lignes ferroviaires vitales pour relier les villes petites et moyennes à la métropole la plus proche qui se dégradent d’année en année », notamment en Vallée de la Dordogne.

Nouvelles ressources

Pour les autres projets, comme le TGV Bordeaux-Toulouse ou le Lyon-Turin, c’est le Parlement qui aura la lourde tâche de trancher, alors que la Commission chargée d’étudier ces projets rendra ses conclusions fin janvier.

Il faudra également trouver de nouvelles ressources. Les experts préconisent, entre autres, le retour d’une écotaxe, régionale cette fois, mais aussi d’une vignette auto, ou l’instauration de péages sur certaines routes.

Durant les trois mois des Assises de la mobilité, 64 réunions publiques ont été organisées, la plateforme ouverte sur internet a reçu 2 500 contributions, et plusieurs centaines d’experts ont planché sur le sujet.

Cette vaste consultation aboutira à la présentation en février d’une stratégie nationale des mobilités, et un projet de loi doit planifier la construction des infrastructures à cinq et dix ans.

« Parce qu’on ne définit pas une politique de mobilité aujourd’hui comme il y a 30 ans, j’ai souhaité décloisonner, je dirais dépoussiérer, pour remettre les transports en mouvement », a assuré la ministre lors de cette séance de clôture.

Covoiturage, voiture autonome, voies dédiées au covoiturage sur autoroute, péage urbain : la ministre souhaite assouplir les lois et réglementations pour permettre aux collectivités locales de mener des expérimentations.

La « stratégie de mobilité comprendra un plan vélo », a encore déclaré la ministre, invoquant la nécessité de « se doter d’une réelle politique en faveur du vélo ».

Le gouvernement avait pourtant décidé de supprimer la prime de soutien à l’achat d’un vélo électrique, avant de le rétablir dans le projet de loi de finances 2018.

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