Réforme de l’État : Édouard Philippe prépare son projet de réorganisation de l’administration

Administration

Des services transférés en région, chasse aux « doublons », suppression ou fusion des structures administratives de moins de 100 personnes… L’exécutif prépare une série de mesures de réorganisation de l’administration d’État, selon deux projets de circulaires du Premier ministre Édouard Philippe dont l’AFP a obtenu copie mardi 21 mai 2019.

Ces « documents de travail » – l’un destiné aux membres du gouvernement, l’autre aux préfets – n’ont pas encore été envoyés, a souligné Matignon à l’AFP. Ils visent pour l’essentiel à finaliser des mesures pour la mi-juin.

Selon ces lettres, le gouvernement veut notamment s’attaquer au nombre trop élevé des diverses structures de l’administration centrale (les sièges des grandes administrations, généralement basés à Paris), en l’occurrence les quelque 1 200 opérateurs et agences dépendant des ministères.

« La multiplicité de ces structures, qui comptent pour certaines un très faible nombre d’agents, nuit à la lisibilité et à la cohérence des missions des administrations centrales », écrit Édouard Philippe, qui vise notamment les structures de moins de 100 emplois équivalent temps-plein.

Il demande à ses ministres de lui présenter des propositions de suppression ou de fusion de ces petits organismes divers « pour le 15 juin ».

Autre mesure préparée par Matignon : des « délocalisations » d’administrations depuis la région parisienne vers les régions et les petites villes, une piste que le gouvernement avait accéléré du fait de la crise des « gilets jaunes » et ses nombreuses alarmes sur la fracture territoriale.

Les ministres doivent identifier, là aussi pour mi-juin, deux « propositions de délocalisation de services, agences, opérateurs ou direction support dont les missions pourraient être exercées en région ». Ils sont par ailleurs appelés « au traitement des nombreux cas de doublons qui subsistent encore », notamment au sommet des administrations.

Ces mesures seraient accompagnées d’une injonction d’un maximum de « déconcentration », et plus précisément de mettre un maximum de fonctionnaires des administrations d’État « au niveau départemental », voire infra-départemental, « afin de renforcer les marges de manœuvre d’agents de terrain ».

Édouard Philippe appelle aussi ses ministres à limiter les arbitrages remontant à Matignon, ainsi qu’à réduire le nombre de circulaires émises par l’administration (1 300 en 2018), une communication interne jugée largement obsolète.

Le Premier ministre demande également aux préfets un travail pour « désenchevêtrer » les missions de l’État et celles des collectivités locales. Quatre domaines sont prioritaires : développement économique, urbanisme, famille et enfance, culture.

Le gouvernement veut notamment faire émerger « un véritable service public de l’insertion », où l’État « réaffirme » son rôle en matière d’hébergement d’urgence, de logement, d’accueil des migrants ou de politique de la ville.

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