Un plan de gestion en vue pour le Canal du Midi

Administration

Les co-gestionnaires du Canal du Midi ont validé le 8 novembre 2019 les grands axes du futur plan de gestion, demandé par l’Unesco, pour préserver et développer ce site, classé au Patrimoine mondial et dont la région veut doper la valorisation touristique.

L’élaboration de cette « feuille de route », prévue pour 2020, ainsi que l’adoption d’un contrat-cadre 2019-2021, témoignent de la volonté des multiples acteurs impliqués – quatre départements, la région, 16 intercommunalités et Voies navigables de France (VNF) – de mieux structurer leur coordination et se doter des outils nécessaires pour la protection et la valorisation du canal, a souligné à l’AFP le préfet d’Occitanie, Étienne Guyot.

Au delà de sa dimension patrimoniale, le canal, une prouesse technique datant du 17e et s’étirant sur 214 km, est « un outil formidable » pour le développement économique, a-t-il relevé. L’ambition est d’en faire une « destination unique » pour augmenter sa fréquentation – actuellement de 1,5 millions de visiteurs par an – irriguant les territoires qu’il traverse.

Pour financer les actions nécessaires à cette préservation et à la valorisation – dont l’aménagement de nouvelles voies cyclables et la poursuite de la replantation des berges -, le contrat-cadre signé par la région, VNF et les quatre départements (Aude, Haute-Garonne, Hérault et Tarn) engage 55 millions d’euros, qui s’ajoutent aux 88,5 millions prévus depuis 2017.

Sur le plan environnemental, l’ouvrage a déjà été durement éprouvé par la maladie du chancre coloré, qui tue ses alignements de platanes centenaires. En  l’absence de solution pour les sauver, 25 400 ont été abattus, sur un total de 42 000, remplacés par des espèces diversifiées, chêne notamment, dont plus de 12 000 déjà replantés.

« Le sujet est en train d’être géré », avec aussi la réfection nécessaire des berges, qui étaient stabilisées par les racines des platanes, a indiqué à l’AFP le Directeur du projet Canal du Midi auprès de la préfecture, Laurent Cyrot.

Mais le canal, dont 60 % des eaux vont à l’irrigation, doit aussi faire face au réchauffement climatique, avec son cortège de sécheresses estivales – mettant en concurrence durant l’été irrigation et navigation – et d’inondations hivernales, a-t-il relevé.

En la matière, « nous allons vers des difficultés croissantes », a-t-il souligné, citant parmi les pistes de solutions « l’optimisation de l’irrigation agricole, le fonctionnement des écluses et la maitrise des fuites ».

Ces questions seront notamment à l’agenda d’un Conseil scientifique, dont la création est aussi prévue en 2020.

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