Terre des 2 Caps (Pas-de-Calais) : trois bâtiments en un

Appel d'offres

Le 8 octobre 2008, la communauté de communes de La Terre des 2 Caps a lancé un appel d’offres pour les constructions distinctes d’un hôtel communautaire, d’un complexe aquatique et d’une salle de lutte. Au final, c’est un même bâtiment qui abritera l’ensemble dès 2010.

Le 15 février 2009, le premier coup de pioche pour la construction d’un bâtiment unique comprenant l’hôtel administratif de la communauté de communes de La Terre des 2 Caps (20 556 habitants, 21 communes), un complexe aquatique et une salle de lutte, a été donné sur le territoire de la ville de Marquise (Pas-de-Calais).

Différents événements conjoncturels ont permis la construction des trois éléments de ce bâtiment. L’hôtel communautaire est devenu exigu : la collectivité est passée de 20 personnes à 68 en six ans, « et puis nous avions un acheteur intéressé par le bâtiment », explique Dominique Lanoy, directeur général des services de la Terre des 2 Caps. La communauté de communes rêve d’une piscine depuis une quinzaine d’années mais n’en a pas les moyens. Or, en 2006, le conseil général du Pas-de-Calais débloque des subventions pour la construction des piscines manquantes dans la région. Par ailleurs, il annonce subventionner la rénovation et la préparation des sites sportifs dans le cadre du projet olympique Londres 2012, le plus grand terrain de jeux. Le département veut être, dès 2010, la base arrière d’entraînement des athlètes.

La communauté saisit la balle au bond, achète un terrain de 2,2 hectares dans le but d’y faire ériger trois bâtiments. Et réfléchit au type de discipline qu’elle peut accueillir dans l’espace sportif. Elle a déjà une petite idée : Lise Legrand, médaillée de bronze en lutte aux jeux d’Athènes s’entraine à Ambleteuse, une commune de la communauté. Le concours pour la maîtrise d’œuvre est lancé fin 2007. Le cabinet d’architectes Soupey-Toth pose sur la table l’esquisse d’un seul bâtiment pour les trois besoins.

« Ce bâtiment devait être une vitrine pour Terre des 2 Caps. Nous avons misé sur l’économie d’échelle en mutualisant les moyens », raconte Sandor Toth, du cabinet Soupey-Toth, mandaté en janvier 2008. Ce choix séduit les élus. « Le bâtiment permettait des économies d’énergies grâce à une seule chaufferie, par exemple. Il dégageait un espace pour une éventuelle autre construction », affirme le DGS.

« Chantiers verts »

L’appel d’offres européen ouvert pour la construction du bâtiment est lancé en novembre 2008. Il comprend une tranche ferme composée de la piscine équipée d’un bassin d’apprentissage et de six lignes de nages (dont une en option), de l’hôtel communautaire et d’une salle de sport. Les tranches optionnelles concernent : la salle de lutte, un espace bien-être et un équipement cardiotraining. « En utilisant les tranches conditionnelles, nous avons pu connaître le coût des différents projets et savoir quelles seraient les subventions qui nous seraient allouées », continue Dominique Lanoy. Elles seront finalement toutes retenues, et la salle de lutte homologuée pour les jeux olympiques de 2012. Le marché est composé de 23 lots. 21 ont été attribués et deux ont dû être relancés début janvier 2009.

Le coût estimé avant l’appel d’offres est de 14,5 millions d’euros HT avec les honoraires de la maîtrise d’œuvre, les frais de géomètres et de coordination compris. Le cahier des charges stipule que les entrepreneurs doivent respecter la charte « chantiers verts » qui propose de limiter les nuisances sonores, de trier les déchets sur les chantiers, etc. Les critères choisis pour la sélection de l’offre sont le prix pour 60 % et le mémoire technique pour 40 %. Le projet doit être livré mi-2010. Le prochain enjeu de la communauté de communes sera la mise en régie ou en délégation de service public des équipements sportifs et culturels.

Entretien avec Clément Mortier, responsable du pôle Environnement et développement durable et Dominique Lanoy, directeur général des services à la Terre des 2 caps

« Tout un panel de solutions économiques et environnementales »

HA : Comment envisagiez-vous ce bâtiment ?

Clément Mortier : Nous voulions que le projet soit intégré dans le paysage architectural. Par ailleurs, nous souhaitions un bâtiment qui propose tout un panel de solutions économiques et environnementales : par exemple, une consommation d’énergie moindre avec le moins d’éclairage possible. Nous sommes une petite structure : l’équipement est important, il est pour nous une vitrine.

HA : Le mémoire technique, qui représente 40 % dans la pondération des critères, comporte des sous-critères de sélection, lesquels ?

C.M. : La note attribuée pour le mémoire technique était sur 20 points. Il comprenait les sous-critères suivants : performance en matière de protection de l’environnement au travers de la gestion des chantiers (5 points) ; performance, qualité, nature et provenance des matériaux (5 points) ; le mode opératoire et les moyens mis en œuvre (10 points). Pour le gros œuvre, les critères de sélection différaient quelque peu. Le critère du délai d’exécution, pour lequel un mois de réduction de délai par rapport au planning prévisionnel est égal à 2,5 points, était noté sur 5 points comme tous les critères précités.

HA : Comment s’est passé le travail avec le maître d’œuvre pour élaborer le cahier des charges ?

C.M. : Le plus dur fût de respecter l’enveloppe et de trouver les meilleurs compromis. Nous avons beaucoup travaillé avec l’assistant à maîtrise d’ouvrage pour définir au mieux les espaces, les matériaux à utiliser. Les allers-retours entre les différents techniciens de la communauté de communes ont été constants. De nombreuses réunions ont été nécessaires pour se mettre au point et aboutir au cahier des charges le plus précis et le plus complet.

HA : Vos délais étaient courts, que s’est-il passé ?

Dominique Lanoy : Lorsque nous avons acquis le terrain, le diagnostic des fouilles a relevé des éléments intéressants : un temple romain datant du IVe siècle après J-C. Le technicien qui devait effectuer le rapport a été hospitalisé. La direction régionale des affaires culturelles (DRAC) manquant de personnel, nous avons attendu un an avant d’obtenir les résultats. Nous nous sommes retrouvés acculés alors que nous nous y étions pris en amont. Il faut attendre généralement deux à trois ans pour pouvoir effectuer les fouilles ! Heureusement, le service archéologique du conseil général, qui nous subventionne en partie, a répondu à l’appel d’offres et a pu effectuer les fouilles rapidement. Elles ont débuté le 15 septembre 2008 pour terminer le 15 janvier 2009. Depuis le début, le dossier s’enchaîne bien, sans soucis. Même si nous passons un mois d’intempérie, nous pourrons tenir le planning.

HA : Comment vous êtes-vous organisés pour tenir les délais ?

C. M. : Nous avons fait un rétroplanning. Le maître d’œuvre et nous-mêmes avons analysé les 62 offres reçues en 15 jours.

HA : Combien de temps avez-vous passé sur ce dossier ?

D. L. : Un tiers de mon temps en 2008 si je compte le temps passé pour composer les dossiers de subvention, les réunions et l’étude des offres (des dossiers de 850 pages).

HA : Comment financez-vous le bâtiment ?

D.L. : Marquise compte 5 000 habitants et certaines de nos communes, 120 habitants. Il n’est donc pas facile d’amener un projet de 14 millions d’euros. Nous avons été subventionnés par le Fonds national pour le développement du sport, la préfecture du Pas-de-Calais, le département, la région. À ces aides, s’ajoutent 450 000 euros pour la vente des locaux du premier hôtel communautaire. Nous allons effectuer un emprunt de 4 millions auprès de la Caisse des dépôts à un taux de 4,47 %, ce qui n’est pas trop mauvais. Nous devrons en effectuer un autre, de 3 à 4 millions, plus tard.

CONTACTS

Clément Mortier,
c.mortier@terredes2caps.com

Brigitte Navez, responsable Économie et aménagement du territoire
b.navez@terredes2caps.com

CC de La Terre des 2 Caps
Avenue Beaupré
BP 60, 62250 Marquise
Tél : 03.21.87.57.57 (standard).

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