"Pentagone français": "la ville de Paris est dans une posture politique"

Commande publique

Le ministre de la Défense Gérard Longuet a jugé hier que « la ville de Paris est dans une posture politique » en attaquant au tribunal le permis de construire du futur « Pentagone à la Française » dans le XVe arrondissement, et que le recours « ne remet pas en cause le chantier ».

Interrogé mardi 3 avril par des internautes sur un chat du Monde.fr, le ministre de la Défense a jugé que l’attaque devant le TA de Paris est « une procédure judiciaire normale qui ne remet pas en cause le chantier qui a déjà démarré ».

« Le permis a été délivré, la ville de Paris est dans une posture politique, elle connaît parfaitement le projet. Ses représentants ont été associés à toutes les étapes du concours architectural et toutes les demandes spécifiques qui relèvent du ministère ont été traitées » a-t-il souligné. Il estime que « ce projet est pris en otage en raison des nombreux conflits entre la ville et l’État. Je trouve que Bertrand Delanoë devrait se réjouir, au contraire, d’accueillir une aussi belle réalisation qui valorise un quartier un peu oublié jusqu’à présent », a-t-il ajouté.

Le maire PS de Paris Bertrand Delanoë réclame avec force depuis plusieurs mois que soit intégrée au « Pentagone » la construction d’un garage d’autobus afin de libérer un espace actuellement occupé par un garage RATP rue de la Croix-Nivert, à 700 mètres de là. Sur ce dernier site, la mairie veut construire 500 logements dont au moins la moitié de logements sociaux.

M. Longuet a expliqué sur le chat du Monde.fr que le terrain de Balard « ne permet pas la construction de logements permanents, même s’il abrite des chambres de passage pour les militaires ».

« Ce que vise la mairie de Paris n’est pas un terrain de l’armée, mais un garage de la RATP dans le 15e, (…) sur lequel le ministère de la Défense n’a aucun pouvoir. Et que la RATP n’entend pas abandonner », selon M. Longuet.

« En revanche », a-t-il aussi affirmé, « le ministère cède à Paris, dans le 12e, la caserne Reuilly, un vaste emplacement qui permettra, de mémoire, plus de 300 logements, dont moins d’un tiers pour les militaires qui ont le droit, pourtant, d’habiter aussi Paris ».

Enfin, il « ne pense pas » que le tribunal administratif invalidera le permis de construire : « les procédures ont été respectées, la seule dérogation concerne le parti architectural de ventilation naturelle. Ce ne sont pas les écologistes au Conseil de Paris qui sincèrement peuvent s’y opposer » selon lui.

 

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