Les Rencontres d’Arles inquiètes pour leur prochaine édition

Communication
Communication

Les Rencontres photographiques d’Arles, qui ont démarré lundi 1er juillet, craignent de manquer sévèrement d’espaces d’exposition pour leur prochaine édition et alertent les pouvoirs publics et les collectivités sur ce dossier.

« Je ne sais pas où je vais pouvoir exposer à l’été 2014 alors que je dois préparer la programmation de l’an prochain », déclare à l’AFP François Hébel, directeur des Rencontres d’Arles.

Actuellement, ce grand festival international de la photographie présente la moitié de ses expositions au Parc des Ateliers, constitué d’anciens bâtiments ferroviaires, qui accueillent souvent les projets créatifs les plus innovants.

Mais ces terrains sont en passe d’être cédés à la Fondation Luma de Maya Hoffmann, riche mécène qui défend depuis plusieurs années le projet d’y installer un ambitieux centre d’art et de recherche dévolu à la création contemporaine.

Le premier projet architectural confié à Frank Gehry a été refusé en 2011 par l’État car trop proche d’une nécropole romaine classée.

Un nouveau projet prévoit toujours une tour de 56 mètres de haut (notamment en inox et non plus en aluminium), située 200 mètres plus loin.

« L’enquête publique vient de se terminer et s’est très bien passée », a déclaré mardi 2 juillet Éric Perez, directeur général de Myamo, qui assiste la maîtrise d’ouvrage.

« Nous devrions pouvoir obtenir le permis de construire dans les semaines qui viennent », ajoute M. Perez. « Les travaux pourraient démarrer début 2014 et durer jusqu’à la fin de 2017 », ajoute-t-il. Le coût d’ensemble du projet de Maya Hoffmann est estimé à 100 millions d’euros.

La Fondation Luma, mécène depuis dix ans des Rencontres d’Arles, leur a proposé fin juin de rester dans la Grande Halle en 2014, mais de quitter deux autres importants bâtiments pour permettre à Luma de lancer les travaux et de faire une exposition, dit à l’AFP un porte-parole de la Fondation. Même chose à peu près pour 2015. Et en 2016, les Rencontres devront acquitter « un loyer, même symbolique, ne serait-ce que pour des raisons comptables » si elles veulent rester dans la Grande Halle, ajoute-t-il.

Du coup, François Hébel s’alarme de perdre « quelque 9 000 mètres carrés d’exposition » dès l’an prochain. « Il faut que l’on nous trouve des espaces d’exposition de caractère pour nous permettre de continuer à rayonner », dit M. Hébel, mécontent de ne pas avoir obtenu de véritable réponse de la part de la rue de Valois.

« Les pouvoirs publics doivent prendre pleinement conscience de l’incroyable potentiel des Rencontres d’Arles, notamment en terme de notoriété internationale », dit Jean-Noël Jeanneney, président des Rencontres.

De son côté, le maire d’Arles Hervé Schiavetti affirme que « trouver des mètres carrés n’est pas un problème ». « Après c’est une question de coût pour adapter les lieux », ajoute-t-il.

Une réunion associant les différentes parties doit avoir lieu dans deux semaines. L’idée est de trouver des lieux provisoires pour les prochaines éditions et de dresser la liste des lieux possibles à plus long terme, dit la mairie.

Les Rencontres d’Arles et Luma déclarent dans un texte commun mardi que leurs projets « ne sont pas concurrents » mais n’ont pas non plus « vocation » à se confondre.
 

Copyright © AFP : « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2013

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum