Outre-mer : création d’un « délégué interministériel aux risques majeurs »

Développement durable

Un décret publié jeudi 25 avril 2019 au Journal officiel instaure pour deux ans un « délégué interministériel aux risques majeurs Outre-mer », afin « d’accélérer la connaissance et le déploiement des mesures de prévention des risques » naturels dans ces territoires confrontés à des cyclones, séismes, risques volcaniques, tsunamis, etc.

Le décret prévoit du même coup la suppression de la fonction de délégué interministériel pour la reconstruction des îles de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, poste occupé depuis le passage du cyclone Irma en septembre 2017 par Philippe Gustin, actuel préfet de Guadeloupe.

Le futur délégué interministériel aux risques majeurs Outre-mer sera nommé par décret.

Le décret explique que les collectivités ultra-marines « sont exposées à des aléas spécifiques par leur nature (cyclones, volcanisme) ou leur ampleur (séisme, tsunamis, submersion marine) » et peuvent aussi connaître « des phénomènes atypiques, comme la prolifération des algues sargasses aux Antilles ».

En Outre-mer « les risques pour les populations sont exacerbés sous l’effet d’une concentration urbaine sur le littoral et d’une forte vulnérabilité du bâti », poursuit le texte.

Le délégué interministériel devra donc coordonner « les politiques d’acquisition de connaissances et de prévention des risques en matière de risques naturels majeurs », conduire le plan « Séismes Antilles », en mettant en place par exemple les outils « visant à accélérer la protection parasismique et paracyclonique des bâtiments, y compris les bâtiments de l’État et des collectivités territoriales, ainsi que la résilience des réseaux ».

Il devra aussi déployer les « outils permettant d’accroître le taux de pénétration des assurances Outre-mer, notamment au travers du respect des normes constructives ».

D’une intensité sans précédent sur l’Atlantique, avec des vents de plus de 350 km/h, Irma a fait 11 morts à Saint-Martin et endommagé 95 % du bâti les 5 et 6 septembre 2017. Un an plus tard, seulement 35 % des bâtiments détruits ou très dégradés avaient été reconstruits.

« Irma n’a été que le révélateur de dysfonctionnements qui préexistaient » à Saint-Martin, territoire qui, « s’agissant des normes du droit de l’urbanisme, avait fait (..) à peu près n’importe quoi depuis de longues années », avait dénoncé le préfet Gustin en octobre dernier, appelant à « une évolution des mœurs » pour que la population ne reconstruise pas sur les zones à risques.

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