Plan biodiversité : moins de béton, plus de végétation

Développement durable

Limiter l’étalement urbain, rémunérer les agriculteurs pour services rendus à la nature, chasser le plastique… avec son plan pour la biodiversité, le gouvernement veut « changer d’échelle » pour ralentir le déclin du vivant.

Il prévoit de mobiliser 600 millions d’euros de crédits d’État supplémentaires sur 4 ans. Une partie de ces financements avaient déjà été annoncés, comme les 200 millions destinés au soutien à l’agriculture biologique, issus d’une hausse de la redevance sur les pollutions.

Le gouvernement compte aussi identifier « les subventions dommageables à la biodiversité, dans l’optique de les réduire ».

Moins de sols bétonnés

Objectif : zéro artificialisation nette – ce qui veut dire rendre autant de sols à la nature qu’on lui en prend. Le gouvernement doit encore définir une échéance, avec les collectivités.

Outils : inscrire dans la loi l’obligation pour les collectivités de lutter contre l’étalement urbain, ou encore donner les moyens aux préfets de suspendre les autorisations commerciales à l’extérieur des centres-villes à redynamiser. Soutenir aussi d’ici 2020, 10 projets innovants en matière de restauration de sites dégradés.

« C’est un travail de longue haleine, il faudra se concerter avec les acteurs dans les lois à venir : le plan marque le début de la mobilisation », souligne-t-on au gouvernement.

Chasse au plastique

Objectif : zéro plastique en mer d’ici 2025.

Un moyen sera d’étendre l’interdiction de certains objets jetables. Pour cela, le gouvernement « veut travailler avec les filières de production ».

Dépôts sauvages : renforcer le pouvoir d’intervention des collectivités et durcir les amendes. Un groupe de travail est en place.

Agriculteurs à la rescousse de la biodiversité

Rémunérer les agriculteurs qui restaurent des zones de refuge pour la nature : haies dans les plaines céréalières, prairies, mares, zones humides… Le gouvernement prévoit 150 millions d’euros jusqu’en 2021, et espère qu’ensuite la future PAC prendra le relais. Ce sera « une revendication forte » de la France à Bruxelles.

Un nouveau programme de recherche sur les alternatives aux pesticides sera doté de 30 millions d’euros.

Plus de campagne en ville

Inciter les villes de plus de 100 000 habitants à développer des plans nature, pour atteindre 1 arbre pour 100 habitants et 40 % de surfaces végétalisées. Co-financement « d’opérations innovantes ».

Rallier les entreprises

Travailler avec les entreprises pour définir un indicateur permettant de mesurer leur « empreinte biodiversité », afin qu’elles intègrent mieux cet enjeu dans leur activité.

D’ici 2022, le gouvernement accompagnera 4 secteurs prioritaires : bâtiment et matériaux, agro-alimentaire, énergie, chimie, pour qu’ils réduisent significativement leur empreinte biodiversité sur toute la chaîne de production et d’approvisionnement.

Aires protégées

Vingt créations ou extensions de réserves naturelles nationales d’ici la fin du quinquennat, financées par le gouvernement. Les zones ne sont pas encore définies. Les préfets seront missionnés auprès des acteurs locaux.

Espèces menacées

Relance de plans nationaux d’actions sur certaines espèces, les plus fragiles et celles en haut de la chaîne alimentaire.

Plan de protection des cétacés.

Pour protéger les pollinisateurs, mettre fin aux principaux usages du glyphosate d’ici trois ans, et à l’ensemble des usages d’ici cinq ans. Mettre en œuvre l’interdiction des néonicotinoïdes au 1er septembre 2018 (avec dérogations jusqu’en 2020), actée par la loi de 2016.

Sensibiliser

Développement des classes nature dans les collèges, kit pédagogique pour les écoles pour la rentrée 2019-20.

Plan de formation de certaines catégories professionnelles (santé, magistrature, élus locaux…)

Application permettant de reconnaître les espèces qui nous entourent. Jeu inspiré de Pokemon Go pour partir à leur rencontre.

Diplomatie

Comme pour le climat, la France mobilisera sa diplomatie pour « un accord ambitieux » à la conférence biodiversité de 2020 en Chine, qui fixera les engagements mondiaux de la décennie. Après la COP21 sur le climat, les diplomates français ont « une vraie fibre verte » pour convaincre, souligne-t-on dans l’entourage de Nicolas Hulot.

Source : « Biodiversité. Tous vivants ! », ministère de la Transition écologique et Solidaire, 4 juillet 2018

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