À la rentrée, la Seine-Saint-Denis aura son 1er collège international

Éducation

Un collège international va ouvrir en septembre à Noisy-le-Grand, une première en Seine-Saint-Denis, qui pourrait attirer tout autant des élèves de banlieues défavorisées que des enfants d’ambassadeurs ou de cadres expatriés.

Au total, le collège international a reçu 800 dossiers d’inscription, pour 200 places offertes à la rentrée, en 6e et en 4e, a indiqué à l’AFP le président PS du conseil général Stéphane Troussel. Les classes de 5e et 3e ouvriront en 2015, et un lycée international est également prévu à proximité. Ce collège international doit être le pendant dans l’Est de la région parisienne de celui de Saint-Germain-en-Laye, commune aisée des Yvelines. Les élèves, qui n’ont pas forcément étudié les langues antérieurement, sont recrutés en Seine-Saint-Denis mais également dans toute la France. Il « va intégrer le cercle restreint des établissements en France dont les élèves ressortent bilingues », a souligné M. Troussel. « Nous avons défendu l’idée que la Seine-Saint-Denis soit aussi un territoire qui permette d’accueillir ce type de collèges », avec son internat de 140 places et des échanges avec des établissements étrangers, s’est félicité M. Troussel. Alors que ces établissements « sont généralement tournés vers l’Europe, le collège de Noisy-le-Grand sera tourné vers les Amériques, l’Asie et l’Afrique », avec des cursus en anglais américain, arabe, chinois et portugais brésilien, choisis pour refléter « la diversité des populations de Seine-Saint-Denis ».

Du côté syndical, le SNES-FSU, premier syndicat du secondaire, interrogé par l’AFP, estime que cet établissement « assez élitiste va attirer les bons élèves et les familles aisées », qui peuvent avoir tendance à éviter les établissements du département. « Cela peut renforcer l’enseignement à deux vitesses », alors que « l’enseignement des langues a été maltraité depuis 10 ans », a toutefois dénoncé son secrétaire général Dominique Chauvin à l’AFP. Le syndicat dénonce surtout le coût du projet, 25 millions d’euros, financé par un partenariat public-privé (PPP) avec le groupe de BTP Eiffage. Ce financement implique le versement de redevances et va selon le syndicat « coûter très cher à terme au département ».

Selon le Conseil général, les PPP ont été choisis pour faire face à un « contexte budgétaire délicat » mais le financement des établissements reste majoritairement public. Pour trois collèges construits en PPP ouverts cette année, le montant des loyers représentera 20 millions d’euros pendant 20 ans.

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