À la rentrée scolaire 2014, les cantines des lycées du 93 et du 95 passeront au quotient familial

Éducation

La centaine de lycées du Val d’Oise et de la Seine-Saint-Denis vont mettre en place à la rentrée prochaine une nouvelle tarification des cantines basée sur le quotient familial, une mesure régionale qui sera étendue à tous les lycées d’Ile-de-France d’ici 2017.

Cette réforme de la tarification des cantines scolaires a été adoptée vendredi à la quasi unanimité des groupes, seule l’UMP s’abstenant, lors de la séance plénière du Conseil régional d’Ile-de-France. « Nous prenons cette décision courageuse à un moment où de nombreuses familles font face à de nombreuses difficultés et où l’État entend diminuer les dépenses publiques », a souligné auprès de l’AFP Henriette Zoughebi, vice-présidente (Front de gauche) en charge des lycées.

Dix tarifs s’échelonnant de 1,50 à 4 euros ont été arrêtés en tenant compte du quotient familial. « La progressivité ne pénalise pas les classes moyennes, ni même moyennes supérieures », s’est félicitée Mme Zoughebi. Pour les familles pauvres et les jeunes isolés, qui ne pourraient même pas payer 1,50 euro, « il est prévu de faire intervenir le Fonds social des cantines et d’interpeller les académies et le ministère de l’Éducation pour que ces fonds soient abondés suffisamment », a poursuivi la vice-présidente communiste. Aujourd’hui, « les jeunes qui mangent le moins en demi-pension sont ceux des familles populaires. La mesure est à la fois de justice sociale, de santé publique, d’éducation au goût et au bien manger », a-t-elle encore souligné. Dans les deux premiers départements et leurs 114 lycées, « 57 000 demi-pensionnaires » sont concernés par cette nouvelle tarification, dont près de 20 % ne pouvaient déjà déjeuner à la cantine que grâce à l’aide régionale . Quand l’ensemble des 471 lycées bénéficieront de la nouvelle tarification, « cette mesure coûtera environ 50 millions d’euros par an à la Région, c’est-à-dire plus du double de la gratuité des manuels scolaires (aussi financée par la Région) », a mis en exergue Mme Zoughebi.

Le dispositif vise à lutter contre le gaspillage alimentaire.L’UMP dans son intervention a regretté les « 5 500 tonnes de nourriture jetées chaque année » pour un coût évalué à « 18 millions d’euros ». Selon la vice-présidente, ces chiffres « ont été extrapolés à partir des données d’un seul lycée après la visite d’une association ». « On n’a pas d’idée de l’ampleur du gaspillage, c’est très divers d’un lycée à l’autre mais cela dépend évidemment de la qualité de ce que l’on met dans l’assiette, du professionnalisme du chef cuisinier, de l’amélioration de la gestion du nombre de repas à servir chaque jour », a-t-elle dit. Pour ce dernier point, le système de badges et de bornes (sans données biométriques) où les lycéens devront s’enregistrer pour le repas à venir devrait permettre un meilleur ajustement des quantités cuisinées.

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