Des enfants roms admis dans une école du 93 contre le gré du maire

Éducation

Sept enfants roms ont été admis mardi dans une école primaire de Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis, malgré le refus de la mairie PS de les inscrire parce qu’elle juge la démarche « pas réglementaire », a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

Leurs familles, qui vivent dans un bidonville, ne parvenaient pas à se faire domicilier par les services sociaux de la ville. La municipalité avait argué que, à défaut d’adresse, elle ne pouvait inscrire les enfants à l’école, selon le collectif de soutien aux familles roms de Noisy-le-Grand. Les enfants « ont été accueillis (mardi matin) par la directrice de l’école et l’inspecteur de l’Éducation nationale. L’équipe enseignante s’est organisée pour les accueillir dans les classes et pour que leur intégration puisse bien se passer », a précisé le collectif dans un communiqué. « Il suffisait de voir le regard enchanté de ces enfants, tous bien habillés et bardés de leurs cartables, pour mesurer la fierté que représente cette entrée à l’école », a rapporté le collectif.

« Nous sommes très surpris de cette initiative des représentants de l’Éducation nationale qui a été prise sans concertation avec la ville », a-t-on dit à l’AFP dans l’entourage du maire PS Michel Pajon. Il s’agit d’une « initiative qui n’est pas réglementaire », a-t-on ajouté à la mairie, rappelant que seul le maire avait le droit d’inscrire des enfants dans les écoles de sa commune. Le préfet peut enjoindre à un maire de le faire, « mais dans le cas présent, cette procédure n’a pas été suivie », a-t-on poursuivi.

La direction d’académie de Seine-Saint-Denis a dit à l’AFP avoir procédé à la scolarisation des enfants « en se référant à la circulaire du 12 septembre » sur « la scolarisation des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs » de la ministre déléguée chargée de la Réussite éducative, George Pau-Langevin. « Le directeur académique est parfaitement conscient des difficultés que cela peut représenter pour une municipalité », a-t-on ajouté, précisant qu’il s’agissait « d’une scolarisation provisoire, dans une école dans laquelle il y a des places ».

Le défenseur des droits Dominique Baudis, qui a rendu visite aux familles roms installées à Noisy-le-Grand, a écrit à deux reprises à M. Pajon pour lui demander pourquoi les enfants n’étaient pas inscrits par la mairie. Dans son dernier courrier, datant du 11 janvier, il met en demeure le maire de lui répondre sous dix jours. « Le défenseur des droits n’exclut pas de mettre en demeure le maire pour qu’il régularise leur situation », a déclaré à l’AFP le cabinet de M. Baudis. « L’intérêt supérieur de l’enfant prévaut sur l’appréciation du maire. »

Interrogée par l’AFP sur le fait de savoir si elle comptait inscrire ces enfants, la mairie n’a pas pu répondre dans l’immédiat.

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