La ségrégation sociale au collège amplifiée par le choix du privé

Éducation

La ségrégation sociale observée dans les collèges des grandes villes, qui peut constituer un handicap pour l’apprentissage, est amplifiée par le choix de certaines familles en faveur de l’enseignement privé, notamment à Paris, souligne jeudi 20 septembre 2018 une enquête de l’Insee.

La répartition des élèves entre collèges publics se fait en France principalement via la carte scolaire, qui permet une affectation en fonction du lieu de résidence. La ségrégation sociale observée dans les quartiers reflète donc en partie la ségrégation résidentielle, note l’Insee.

Néanmoins, les choix des familles amplifient nettement cette ségrégation sociale entre élèves à l’entrée en 6e, souligne l’Institut de la statistique, qui s’est penché sur les villes de Paris, Bordeaux et Clermont-Ferrand.

En effet, les familles peuvent contourner la carte scolaire et demander des dérogations pour un autre collège public (en raison, par exemple, de la recherche d’une option rare).

Mais elles peuvent aussi scolariser leur enfant dans un collège privé, qui ne dépend pas de la carte scolaire.

Parmi les élèves entrés en 6e en 2015 dans les trois villes étudiées, 30 % sont scolarisés dans le privé à Paris. Dans les métropoles de Clermont-Ferrand et de Bordeaux, cette proportion est respectivement de 23 % et 21 %, similaire à la part moyenne du privé à l’entrée en 6e à l’échelle nationale (22 %).

Or à Paris, les enfants issus de milieux très favorisés socialement constituent en 2015 près des trois-quarts des élèves scolarisés en 6e dans un établissement privé, tandis qu’ils ne représentent que la moitié de l’ensemble des élèves parisiens, souligne l’Insee.

À l’inverse, 19 % des élèves parisiens sont issus de milieux défavorisés, mais ils sont presque absents des collèges privés (4 % des effectifs en 6e).

Ainsi à Paris, « le choix d’un collège privé contribue pour 45 % à la ségrégation observée, et le contournement de la carte scolaire pour un autre collège public à 5 % seulement », écrit l’Insee.

Pour tenter d’introduire davantage de mixité, l’ancienne ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem avait lancé en 2016 une vingtaine d’expérimentations impliquant des collèges publics, en partenariat avec les collectivités locales.

À Paris, trois secteurs bi-collèges ont été créés, en fusionnant la sectorisation d’établissements à la sociologie contrastée, dans les XVIIIe et XIXe arrondissements.

Le bilan est « encourageant », à en croire une première évaluation dévoilée récemment.

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