Paris, seule académie avec les académies rurales, qui perd des écoliers

Éducation

Paris est la seule académie, hors celles regroupant des départements ruraux, à voir le nombre de ses écoliers baisser ces dernières années, a indiqué jeudi 30 août le rectorat.

« Il y a deux types d’académies qui enregistrent une baisse de leur démographie scolaire : les académies rurales et Paris », a déclaré Gilles Pécout, recteur de Paris et de la région académique d’Île-de-France.

Pour l’année scolaire 2018-2019, le nombre de petits Parisiens dans les écoles maternelles et élémentaires publiques de la capitale est en baisse de 3 000, soit 124 300 enfants, a-t-on précisé au rectorat.

Cette tendance ne date pas de cette rentrée : à l’horizon 2020, la baisse sera de 19 000 enfants en dix ans.

Cette « dépression démographique » s’explique par « un problème de sédentarisation des jeunes ménages », qui quittent Paris à l’arrivée du premier ou deuxième enfant, a ajouté Gilles Pécout. Les familles s’éloignent pour avoir des loyers moins élevés notamment.

Une école ne rouvrira pas ses portes cette rentrée, dans le 3e arrondissement, près du Centre Georges Pompidou. En revanche, une autre a ouverte, dans le quartier du nouveau Palais de justice, dans le nord de Paris.

Autre facteur explicatif de cette baisse démographique dans les écoles, le vieillissement des occupants dans le parc des logements sociaux, a précisé le recteur. Leurs enfants ont grandi et sont au lycée ou ont quitté le nid familial.

La baisse du nombre d’écoliers est donc perceptible dans les arrondissements du centre de Paris et parfois de l’est. Les effectifs sont toutefois en hausse dans les 12e, 13e et 15e arrondissements (sud-est et sud-ouest).

Pour le moment, ce phénomène démographique n’a pas encore touché le secondaire mais il devrait se répercuter « d’ici deux à trois ans » au collège, a déclaré le recteur.

La baisse du nombre d’écoliers dans la capitale a facilité la réforme des classes dédoublées en primaire, qui se poursuit à la rentrée sans poser de grosses difficultés de disponibilité de locaux pour accueillir les élèves.

Cette année, Paris va dédoubler toutes ses classes de CP en réseaux d’éducation prioritaire (REP), tous ses CE1 en réseaux d’éducation prioritaire renforcée (REP+), qui s’ajouteront aux 53 classes de CP REP+ dédoublés l’an dernier. « Un saut quantitatif spectaculaire », estime M. Pécout, puisque Paris passera ainsi à 440 classes dédoublées.

Quelque 90 % d’entre elles sont effectivement dédoublées avec deux salles de classe et une douzaine d’élèves par salle, les 10 % restant accueilleront deux maîtres pour une classe entière (plus de 20 écoliers).

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