Pérennisation du fonds d’amorçage des rythmes scolaires : Najat Vallaud-Belkacem favorable à un principe de « conditionnalité »

Éducation

La ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a dénoncé mardi 28 octobre l’absence de « volonté politique » de la ville de Marseille dans la mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires et répond aux critiques sur l’aide financière de l’État.

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Éducation RYTHMES SCOLAIRES : UNE EXPÉRIMENTATION À PÉRENNISER Voir le dossier

Cette réforme des rythmes scolaires « est compliquée à mettre en place à Marseille, car, disons-le clairement, la volonté politique locale n’a pas forcément été au rendez-vous au moment où elle aurait dû l’être », a déclaré la ministre de l’Éducation nationale sur France Bleu Provence. « Par définition, ce qu’on n’a pas anticipé, pas voulu construire en temps utile, est mal construit quand arrive la rentrée scolaire, et c’est ce qui s’est passé à Marseille », a-t-elle ajouté.

La rentrée a été mouvementée à Marseille, où aucune activité périscolaire n’était organisée le vendredi après-midi, contraignant les parents à récupérer les enfants en milieu de journée. Après avoir lancé une « expérimentation » dans une quarantaine d’écoles, sur 445, la mairie a finalement annoncé la mise en place d’activités périscolaires dans environ la moitié des écoles de la ville à partir du 7 novembre, et d’ici la fin de l’année pour les autres. Répondant aux critiques des élus de la majorité UMP de la ville, qui avaient déploré le 9 octobre n’avoir reçu encore aucune aide financière de l’État, Mme Vallaud-Belkacem a indiqué que « sur près de 7 M EUR » que la ville « devra recevoir cette année », elle en percevra « 2,2 M EUR d’ici fin octobre » et « le reste au printemps, comme pour l’ensemble des villes ».

« Et encore : cela ne correspond qu’au montant de 90 EUR par enfant et par an s’appliquant à elle (…). Si elle jouait le jeu, elle pourrait même prétendre à près de 4 M EUR de plus » de la part de la CNAF (Allocations familiales), en agréant des centres de loisirs si elle en ouvrait, a-t-elle souligné, alors que la mairie estime entre 22 et 25 M EUR le coût de la réforme. « Quand la réforme est mal mise en œuvre par manque de volonté politique, ou par mauvaise organisation, elle est même susceptible de creuser les inégalités », a-t-elle également estimé, rappelant que le tribunal administratif de Marseille avait ordonné à la ville d’organiser les activités périscolaires dans toutes les écoles dès le 21 novembre.

Concernant la demande de pérennisation du fonds d’amorçage des rythmes scolaires, la ministre de l’Education s’est dite favorable à un principe de « conditionnalité ». « Je ne veux pas que l’État continue à verser des financements à des communes qui n’organisent pas de périscolaire », a-t-elle ainsi déclaré.

 

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