Rythmes scolaires : Benoît Hamon veut siffler la fin de la récréation

Éducation

« S’achève le temps des adultes » et « commence le temps des enfants » : à moins de trois mois de la généralisation obligatoire des nouveaux rythmes scolaires, Benoît Hamon a tenté jeudi 12 juin de clore le débat sur cette réforme contestée.

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Éducation RYTHMES SCOLAIRES : UNE EXPÉRIMENTATION À PÉRENNISER Voir le dossier

« Ce débat a eu lieu, il s’achève », a dit lors de sa première conférence de presse le ministre de l’Éducation nationale, se réjouissant « qu’on puisse commencer à parler de l’essentiel, les bénéfices pour les élèves (…) de cette réforme dans les années à venir ». « On va rajouter un matin de plus pour que les enfants acquièrent mieux les savoirs fondamentaux » notamment lors du pic de vigilance entre 09H00 et 11H00, a-t-il insisté.

Il a rappelé le pourquoi de la réforme. « Il faut se recentrer sur l’essentiel » : la réforme « n’est pas une lubie de l’institution scolaire », mais se fonde sur plusieurs rapports qui ont « justifié que l’on modifie cette organisation du temps scolaire parmi les plus baroques et les plus exotiques de l’OCDE : la journée la plus longue et l’année avec le moins de jours de classe ». Désormais, « tous les élèves » (…) auront une école qui est adaptée à leur rythme et pas au rythme des adultes ». Selon Benoît Hamon, il y a « trop de nervosité aujourd’hui autour de l’école », alors qu’il la souhaite « apaisée ».

Une lettre du ministre aux parents sera distribuée à partir du 15 juin ou affichée dans les écoles pour rappeler les résultats décevants de la France dans les études internationales. Un site 5matinees.education.gouv.fr sera aussi alimenté dès le 23 juin avec les horaires des écoles.

« Ils seraient condamnés »

Selon des statistiques arrêtées au 5 juin, portant sur près des deux tiers des départements, les écoles publiques de la quasi-totalité des communes (94,1 %) fonctionneront avec une semaine de neuf demi-journées dans le cadre du décret Peillon, tandis que 5,9 % demandent à bénéficier des assouplissements autorisés par un nouveau décret de Benoît Hamon. Le ministre n’a pas été en mesure de préciser la proportion d’élèves qui auront à la rentrée neuf ou huit demi-journées de classe. Le principal syndicat du primaire SNUipp-FSU critique toutefois dans un communiqué « un grand flou » et estime que « la rentrée ne se présente pas sous les meilleurs auspices ».

Parmi les 4 000 communes qui ont adopté la réforme à la rentrée 2013, seules 42 envisageaient de recourir au décret expérimental conçu pour les 6 % communes qui rencontraient des difficultés de mise en œuvre ou récalcitrantes. Parmi les communes qui résistent, il existe trois cas de figure, a souligné le ministre :

  • D’abord celles qui ont adopté une délibération demandant un moratoire. C’est leur « droit », mais le 2 septembre la réforme des rythmes scolaires « s’appliquera au nom de l’égalité dans toutes les écoles de France ».
  • Il y a les maires qui refusent d’organiser des activités périscolaires. Elles sont facultatives, a souligné le ministre, mais les communes toucheront quand même 50 euros d’aide par an et par enfant et leurs administrés pourront demander des comptes.
  • Enfin, il y a le cas « très minoritaire » de maires refusant d’ouvrir les écoles le mercredi matin, à Levallois-Perret et Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine). « C’est illégal et les préfets exerceront le contrôle de la légalité. » « Je vois mal des maires s’entêter dans une posture comme celle-ci. C’est parfaitement illégal, ils seraient condamnés », a prévenu Benoît Hamon sur France Info.

« L’immense majorité des élus ne font pas de tribune dans la presse quotidienne régionale, n’ont pas organisé de collectif et n’ont pas répondu à la décision du bureau national d’une formation politique dirigée par trois-quatre personnes aujourd’hui qui avait décidé de faire de la réforme » un « enjeu pour les élections sénatoriales », a-t-il lancé, visant l’UMP.

Pour soutenir la réforme, le ministère avait publié un sondage, commandé à l’institut CSA, affirmant que pour une majorité de Français, la mise en place des nouveaux rythmes est perçue comme un levier de réduction des inégalités sociales (59 %) et de réussite scolaire (52 %).

Quatre requêtes contre la réforme ont été déposées au Conseil d’État.

Copyright © AFP : « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2014

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Rythmes scolaires : l'expérimentation des 4,5 jours à l'école Sanquer, à Brest (2009-2013)

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Comment financer la mise en place des nouveaux rythmes scolaires, comment organiser les temps et les espaces, comment recruter et former les personnels d’animation, comment réorganiser les transports scolaires, la cantine…, autant de questions qui ont dicté le choix de 80 % des communes d’attendre la rentrée de 2014 pour appliquer la réforme des rythmes scolaires.

Petit retour en arrière. En 2008, Xavier Darcos annonce le retour à la semaine de 4 jours. À Brest, au bout d’une année, les élus locaux emmenés par le maire de la ville proposent l’expérimentation de la semaine de 4,5 jours à l’occasion d’une réunion bilan. L’école élémentaire Sanquer et le Patronage laïque répondent à cette proposition. Vote unanime du conseil d’école mais seulement 51 % des parents y étaient favorables. L’expérimentation de la semaine de 4,5 jours débute donc à l’école Sanquer en septembre 2009. Elle concerne 7 classes, soient 170 élèves.

Ce dossier de la collection « Les Focus Weka » offert gracieusement consacre les témoignages des principaux partenaires : concertation, échange, confiance, enthousiasme, savoir-faire en sont les mots-clés. Avec comme unique et constante préoccupation, le bien-être des enfants.

Au sommaire de ce numéro :

  • Entretien avec Marc Sawicki, adjoint au maire en charge de la politique éducative locale, à Brest
  • Entretien avec Yann Guével, adjoint au maire en charge des équipements socio-culturels et du patrimoine, à Brest
  • Entretien avec Philippe Le Bian, directeur de l’école élémentaire Sanquer, à Brest
  • Entretien avec Patrick Belloeil, responsable du Patronage laïque municipal Sanquer
  • Entretien avec Paul Monnoyer, responsable du projet éducatif local de Brest
  • Pour en savoir plus

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