Suicide d’un enseignant : Vincent Peillon veut redonner de la « considération » aux professeurs

Éducation

Vincent Peillon a exprimé lundi sa « très vive émotion » après le suicide d’un professeur d’un lycée marseillais, estimant qu’il est « impératif » de redonner aux enseignants et personnels de l’Éducation nationale « toute la considération » qu’ils méritent.

Un professeur d’électronique, âgé de 55 ans, a mis fin à ses jours dimanche, à la veille de la pré-rentrée des professeurs, pour protester contre « le métier tel qu’il est devenu », selon une lettre adressée à ses collègues du lycée Antonin-Artaud à Marseille. Vincent Peillon « exprime (sa) très vive émotion », qualifiant de « particulièrement tragiques », les circonstances du décès, dans une déclaration publiée lundi soir. Ces circonstances « rappellent que les professeurs accomplissent une mission essentielle, dans des conditions parfois difficiles », écrit-il, jugeant qu' »il est plus que jamais impératif pour la Nation de redonner aux enseignants et aux personnels de l’Éducation nationale toute la considération et le soutien qu’ils méritent ». Il précise qu’il a demandé au directeur académique des Bouches-du-Rhône de se rendre dans le lycée dès lundi matin et qu’une cellule de soutien psychologique a été mise en place au sein de l’établissement. « Dans ce moment douloureux, mes pensées vont d’abord à sa famille et à ses proches à qui j’adresse mes plus sincères condoléances. Mais aussi à la communauté éducative, toute entière frappée par ce drame, je veux dire ma solidarité pleine et entière », conclut le ministre.

Pierre Jacque, enseignant en série STI2D (sciences et technologies industrielles et du développement durable), expliquait dans son courrier que « le métier tel qu’il est qu’il est devenu, au moins dans ma spécialité, ne m’est plus acceptable en conscience ». Dans le courrier, il décrit son parcours personnel : ingénieur en électronique passé dans l’enseignement 18 ans plus tard, il assiste en 2011 à la « mise en place de la réforme » de Luc Chatel, « faite à la hussarde dans un état d’affolement que l’inspection a du mal à dissimuler ». « Entre-temps le gouvernement a changé sans que les objectifs soient infléchis le moins du monde ou qu’un moratoire soit décidé, ne serait-ce qu’à cause du coût astronomique de cette réforme », déplore Pierre Jacque. Il évoque aussi le « niveau toujours plus problématique des élèves » et dénonce le changement de notation du baccalauréat, avec introduction d’une évaluation à la charge de l’enseignant de l’année, ce qui « ne respecte aucune règle d’équité », estime-t-il, ajoutant : « Je considère que ceci est une infamie et je me refuse à recommencer. »

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