Vers une refondation de l’École

Éducation

Vincent Peillon a adressé, sur les boîtes professionnelles de tous les personnels de son ministère, une lettre pour donner les grandes lignes de l’action qu’il souhaite mener dans le cadre de la « refondation de l’école ». Ce document a également été publié au BO du 26 juin 2012, lui conférant ainsi une dimension officielle.

Cette lettre est introduite par un long préambule politique, idéologique pour expliquer le cadre du changement que souhaite insuffler le ministre, concernant la politique éducative, pour les cinq années à venir. Vincent Peillon dit vouloir « travailler à la refondation de notre École ». Ne minimisant pas les difficultés auxquelles les personnels ont dû faire face ces cinq dernières années, il les invite cependant à ne pas se démobiliser et à participer activement à ce renouveau.

Vincent Peillon rappelle que le principe d’éducabilité doit être au cœur de l’action éducative : « il n’y a pas de fatalité de l’échec scolaire. Tous les enfants peuvent réussir ». Une vaste concertation va bien être engagée ; elle débouchera sur « un projet de loi portant refondation de l’École », ce dernier sera examiné au Parlement en octobre-novembre 2012.

 

Quelles seront les mesures transversales aux 1er et 2nd degrés lors de la prochaine rentrée scolaire ?

 

Vincent Peillon rappelle que c’est « le cadre de référence de la scolarité obligatoire ».

Les changements annoncés concernent :

– la conception et les composantes du socle commun revues,
– les programmes réécrits,
– la simplification du livret personnel de compétences (trop tard pour le supprimer complètement).

  • L’enseignement des langues

Les dispositions en vigueur sont appliquées. Cependant, il est demandé « une meilleure continuité des apprentissages entre l’école élémentaire et le collège » à travers un renforcement du suivi des élèves par les enseignants : « les acquis du niveau A1 doivent faire l’objet d’un travail en commun avant l’entrée en classe de 6e pour aborder le plus tôt possible l’acquisition du niveau A2 ».

Une évaluation de l’expérimentation de la globalisation des horaires de langues vivantes dans les collèges volontaires sera réalisée avant toute décision éventuelle de généralisation.

  • Le sport scolaire

Il doit être valorisé et développé.

De nouveaux moyens sont annoncés tels que la création de nouveaux emplois d’AVS-i qui recevront une formation dès leur prise de fonction.

Elle fera partie des grands sujets à débattre dans le cadre de la concertation à venir : le dispositif Éclair doit être repensé…

Le ministre souhaite que « les outils, contenus et services numériques soient mis à la disposition des enseignants et plus largement des équipes éducatives », mais aussi que les nouveaux enseignants bénéficient réellement d’une formation, aux usages pédagogiques du numérique.

Une diffusion des usages et la production de ressources pédagogiques numériques ainsi que leur mutualisation sont prévues.

Au-delà de l’abrogation récente du décret n° 2012-702 du 7 mai 2012 relatif à l’évaluation des personnels, Vincent Peillon ne veut pas en rester au statu quo ante en la matière. Il annonce que de nouvelles dispositions entreront en vigueur à la rentrée 2013, après concertation.

Le constat de l’existant est sans appel : il faut tout revoir. En premier lieu, les conditions d’entrée dans le métier seront revues. En attendant, « des mesures d’aménagement de service et des formations spécifiques pour les stagiaires nouvellement recrutés en septembre 2012 seront mises en place ». Ensuite, dans un plus long terme, des écoles supérieures du professorat et de l’éducation seront créées pour effectivité à la rentrée 2013, avec des moments identifiés de formation en commun, quel que soit le niveau d’enseignement auquel on se destine.

Enfin, des bourses de l’enseignement supérieur et des contrats spécifiques seront proposés aux enseignants en « pré-pro ».

 

Quelles seront les mesures spécifiques concernant le 2nd degré ?

 

  • Le collège

Il donnera lieu à un travail de réflexion dans le cadre de la concertation à venir. Le texte insiste sur des exigences : aucun dispositif d’éviction précoce ne doit détourner de l’objectif de maîtrise du socle commun et enfermer les élèves dans une filière.

Dans le même esprit, le dispositif d’initiation aux métiers en alternance (Dima) est « suspendu » à la rentrée 2012.

Il ne sera pas procédé à une éventuelle généralisation de l’évaluation nationale de fin de 5e, avant une évaluation sérieuse de l’expérimentation menée cette année.

Le texte affirme son accord avec les « principaux enjeux et objectifs initiaux de la réforme » mais annonce une possible révision, à moyen terme, des « modalités de leur application ». Enfin, l’enseignement facultatif d’histoire-géographie sera proposé à tous les élèves de terminale S.

Par ailleurs, le développement des lycées polyvalents sera favorisé.

  • La voie professionnelle

La valorisation de l’enseignement professionnel sera elle aussi traitée dans le cadre de la concertation à venir.

S’ils doivent changer de statut, le texte précise que celui-ci sera défini « en concertation avec leurs représentants ».

  • Les internats

Les internats d’excellence seront évalués, « notamment sur leur rapport coût/amélioration de la réussite ».

La présence des adultes sera augmentée via la création de nouveaux emplois de CPE et d’assistants d’éducation à la rentrée 2012. Une mission nouvelle de prévention et de sécurité est créée avec, à la clé, des postes supplémentaires qui seront affectés en priorité « dans les établissements qui sont le plus exposés aux incivilités et aux violences ».
 

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