Faut-il réduire le nombre des élus pour maîtriser les dépenses publiques ?

Élus

Plus de six Français sur dix jugent trop important le nombre des élus en  France. Les  citoyens se montrent aussi sévères s’agissant du  cumul des  mandats et des  rémunérations.

Estimez-vous qu’en France, le nombre des élus (parlementaires, conseillers régionaux, conseillers généraux et conseillers municipaux) est insuffisant, satisfaisant ou trop important ? Seriez-vous personnellement favorable ou opposé à la suppression du cumul des mandats ?

Afin de réduire la dépense publique, seriez-vous favorable ou opposé à la suppression d’un des cinq niveaux politiques et administratifs en France ? Et selon vous, lequel de ces niveaux devrait-il être supprimé : national, régional, départemental, intercommunal ou communal ?

Ce sont les quatre questions que l’institut de sondages d’opinion Ifop a posé pour l’Observatoire de la Fiscalité et des Finances publiques. Tout au long de l’année qui précède la campagne présidentielle de 2012, l’Observatoire a en effet demandé à l’institut de sondage d’interroger les Français sur : le référendum d’initiative populaire (avril 2011), l’interdiction pour le parlement de voter un budget en déficit (mai), la responsabilité financière des dirigeants des collectivités (juin) et donc la réduction du nombre d’élus.

Globalement, 62 % des sondés estiment le nombre d’élus trop important quand 34 % le jugent satisfaisant et 4 % insuffisant. Ce sont surtout les citoyens les plus âgés qui trouvent, en moyenne à 69 %, qu’il y a trop d’élus, soit dans le détail : 62 % des 35-49 ans, 74 % des 50-64 ans et même 75 % des plus de 65 ans. Alors que la moitié des moins de 35 ans, trouve le nombre d’élus locaux satisfaisant. « Les hommes (67 %) et les sympathisants du Front National (69 %) sont les plus prompts à regretter cette sur-représentation des élus », commente Damien Philippot, du Département Opinion et Stratégies d’Entreprise de l’Ifop.

Par ailleurs, 93 % des interviewés sont favorables (tout à fait ou plutôt) à la suppression du cumul des mandats, c’est-à-dire à l’obligation de n’occuper qu’un seul poste d’élu à la fois. Ils sont également 93 % à soutenir la suppression du cumul des rémunérations pour les élus exerçant actuellement plusieurs mandats. « La volonté de suppression du cumul des mandats fait consensus au sein des différentes catégories de population, mais apparaît sensiblement plus marquée auprès des sympathisants de gauche (94 %) que de droite (89 %, dont 87 % à l’UMP). S’agissant de la suppression des rémunérations multiples des élus, seuls les interviewés âgés de moins de 24 ans se montrent sensiblement moins catégoriques (88 %) », reprend Damien Philippot.

En outre, 77 % des personnes interrogées soutiennent la suppression de l’un des cinq niveaux politiques et administratifs français (dont 38 % de « tout à fait favorable ») afin de réduire la dépense publique. Seuls 7 % y sont tout à fait opposés. « À l’instar du constat sur la sur-représentation des élus, les hommes (82 %), les interviewés âgés de 65 ans et plus (88 %) et les sympathisants de droite (86 %) apparaissent comme ceux soutenant le plus la disparition de l’un des niveaux », poursuit le directeur de clientèle de l’Ifop.

Pour les Français souhaitant voir disparaître l’un des niveaux politiques ou administratifs, l’échelon intercommunal apparaît comme le niveau le plus superflu (45 %). Les sondés ne sont en revanche que respectivement 9 % et 7 % à souhaiter voir disparaître le niveau communal et le niveau national.  « L’intercommunalité n’a ainsi toujours pas trouvé de véritable légitimité aux yeux des Français », conclut M. Philippot. Cet échelon administratif et politique est davantage cité que le niveau départemental (26 %) ou le niveau régional (13 %).  Et ce alors que le ministre des Collectivités territoriales, a présenté, ce 29 juin, un projet de loi fixant le nombre de conseillers territoriaux de chaque département et de chaque région qui permet la réduction du nombre de ces élus des conseils généraux et régionaux.

L’enquête a été conduite auprès d’un échantillon de 1 013 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI – Computer Assisted Web Interviewing), du 7 au 9 juin. Le prochain sondage pour l’Observatoire de la Fiscalité et des Finances publiques, concernera, dès la rentrée de septembre, la baisse des effectifs des salariés des administrations publiques.

 
Alan Kerhel 

Posté le par Rédaction Weka

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