L’AMF refuse de rouvrir le processus de l’élection de son prochain président

Élus

L’Association des Maires de France (AMF) a rejeté mardi 9 septembre la demande du sénateur-maire PS d’Alfortville Luc Carvounas de rouvrir le processus de candidature à la présidence de l’association, au nom du « respect des statuts » et de « l’indépendance » de l’AMF.

Dans une tribune publiée lundi par La Gazette des communes, M. Carvounas, très proche de Manuel Valls, et neuf autres élus socialistes, avaient accusé la direction de l’AMF d’avoir « ignoré la procédure prévue par les statuts de l’association » pour le renouvellement des instances dirigeantes au mois de novembre.

Cette échéance est d’autant plus importante que la direction actuelle de l’association mobilise depuis plusieurs semaines les maires contre la baisse rapide des dotations de l’État aux collectivités décidée par le gouvernement.

Le 17 juillet, à la veille de la clôture du délai de dépôt des candidatures pour succéder à Jacques Pélissard (UMP) qui ne se représente pas, François Baroin (UMP) et André Laignel, premier vice-président délégué de l’AMF, avaient annoncé leur décision de former un tandem pour la direction de l’association. M. Baroin est le seul à s’être porté candidat à la présidence, à la tête d’une liste représentant à parité la droite et la gauche.

Selon le communiqué de l’AMF, « à la date de clôture officielle des dépôts, le 18 juillet dernier, la commission électorale qui s’est réunie le même jour, a pris acte de la candidature de François Baroin et du dépôt d’une liste pour le Bureau comme pour le Comité directeur, listes composées sur la base de la parité politique comme cela se fait depuis plusieurs dizaines d’années ».

« Les candidatures ayant été validées par la commission électorale, il n’est plus possible de les modifier d’ici l’Assemblée générale de novembre. Le respect des statuts de l’AMF s’impose à tous », ajoute l’AMF.

L’association souligne que « de par son fonctionnement politique pluraliste et paritaire, elle privilégie l’unité, dans le respect de toutes les sensibilités, sur toute autre considération ». Ses prises de position sont « élaborées (…) en dehors de toutes consignes extérieures », ajoute-t-elle, sous-entendant ainsi que la démarche de M. Carvounas et ses amis revêt un caractère partisan.

« Cette indépendance est plus que jamais nécessaire dans une période décisive pour l’avenir » des communes et intercommunalités, déclare encore l’AMF.

Dans leur tribune, les neuf élus rebelles réclamaient « l’organisation d’un vote pour la présidence de l’AMF dans la transparence », estimant entre autres que « la publicité de l’appel à candidatures » a été insuffisante. Ils menacent de « quitter, avec d’autres de leurs camarades, l’association ».

Dans un communiqué publié en fin de journée, le président du groupe PS à l’Assemblée nationale Bruno Le Roux a affirmé que « les négociations opaques, qui ont donné naissance à un duo illégitime, ne sont pas dignes de l’association ». « Elles ne sont pas représentatives du pluralisme des débats de l’AMF, et abîment la réputation de l’AMF », ajoute le député de Seine-St-Denis, qui « soutient pleinement Luc Carvounas » et « demande solennellement à Jacques Pélissard de rouvrir le délai de dépôt des candidatures pour que les maires de gauche puissent présenter leur candidat ».
 

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