Les maires d’Outre-mer ouvrent le Congrès des maires avec leurs spécificités

Élus

Réchauffement climatique, emplois, finances, développement économique : les maires ultramarins ont évoqué lundi 18 novembre 2019, au premier jour du Congrès des maires, les difficultés de leurs communes et leurs attentes, à quelques mois des municipales.

« Il y a une méconnaissance du quotidien de la vie de nos compatriotes ultramarins », a reconnu François Baroin, président de l’Association des Maires de France, en ouverture du Congrès. « Forcement, les financements doivent être à la hauteur des spécificités de ces territoires », a-t-il insisté.

Maurice Bonté, président de l’association des maires de Martinique, a alerté sur le besoin de mettre en place des « stratégies d’adaptation au réchauffement climatique », rappelant par exemple « qu’après chaque ouragan, il y a une réduction drastique de notre niveau de vie ».

Le président des maires de La Réunion, Stéphane Fouassin, a de son côté déploré la baisse des contrats aidés, « une véritable catastrophe économique », qui « a des conséquences pour les plus démunis et les plus faibles ».

Pour les maires de Mayotte, Saïd Omar Oïli, a souligné les « crises » traversées par son territoire (séismes, apparition d’un nouveau volcan, montée de l’insécurité et mouvements sociaux), et a réclamé « l’égalité réelle » en matière de retraite. « À Mayotte, un retraité touche environ 256 euros par mois, c’est inadmissible ».

Jean-Claude Pioche, représentant les maires de Guadeloupe, a fustigé « un pouvoir central qui décrète la réduction des dotations » aux collectivités et « organise de la pauvreté dans les territoires, un projet funeste qui ne peut qu’engendrer des révoltes répétées ».

Au nom des maires de Guyane, David Riché a ironisé sur les discours récurrents sur les Outre-mer qui « sont une chance pour la France », mais « j’attends toujours le développement économique pour la Guyane », a-t-il souligné, citant les nombreux projets économiques (comme celui du projet d’extraction aurifère Montagne d’or), qui n’ont jamais abouti, souvent au nom de la défense de l’environnement.

La ministre des Outre-mer Annick Girardin a répondu en défendant le budget 2020 des Outre-mer (2,5 milliards en crédits de paiement) et a rappelé que le gouvernement s’était engagé à augmenter de 85 millions la péréquation à destination des communes ultramarines sur 5 ans. « Oui, l’action de solidarité entre les communes doit être au rendez-vous. C’est toujours plus facile de ne demander qu’à l’État, mais c’est pas ça, la vrai solidarité ».

Elle a insisté aussi sur la nécessité que l’État accompagne mieux les Outre-mer dans le développement des projets. « Je vous invite à me dire quand les services de l’État se posent plus en censeurs qu’en accompagnateurs ».

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