Présidences de conseils départementaux : à peine 10 % de femmes

Élus

La parité oui, mais pas à la tête des conseils départementaux. Seulement huit femmes ont été élues jeudi 2 avril présidentes sur une centaine de départements français, soit à peine 10 % au total. 

« #Parité dans les conseils départementaux, quasi-parité dans les CP (commissions permanentes) et les VP (vice-présidences), encore du chemin à faire pour les présidences ! egalitéFH », a réagi jeudi 2 avril la secrétaire d’État chargée des Droits des Femmes Pascale Boistard sur Twitter. 

À l’issue du troisième tour jeudi, huit femmes vont prendre la tête d’un département. Selon le Haut-conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, elles étaient 6 présidentes sortantes. 

Ont été élues jeudi 2 avril : Martine Vassal (UMP) dans les Bouches-du-Rhône, Nathalie Sarabezolles (PS) dans le Finistère, Nassimah Dindar (UDI, sortante) à La Réunion, Sophie Pantel (PS) en Lozère, Christine Bouquin dans le Doubs (sans étiquette soutenue par l’UMP, l’UDI et le MoDem), Valérie Simonet (UMP) dans la Creuse, Hermeline Malherbe (PS) dans les Pyrénées-Orientales, et Josette Borel-Lincertin (PS) en Guadeloupe. 

Avec Anne Hidalgo à Paris et Josette Manin en Martinique, où il n’y a pas eu d’élection, le total de femmes atteint donc péniblement 10 sur 101 départements, 6 à gauche de l’échiquier politique et 4 à droite.

En dépit de la nouvelle composition des conseils à parité, du fait de l’instauration des binômes hommes/femmes, les femmes présidentes restent donc une minorité : même pas 10 % (9,9 %). 

Récemment, cette question inquiétait le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes. Il appelait ainsi « les partis politiques à se hisser à la hauteur de l’exigence de démocratie en s’organisant pour favoriser la parité à la tête des départements et des régions de demain ». 

Il n’y a qu’une femme présidente de région sur 22. 

« Schizophrénie démocratique », a réagi le Haut conseil jeudi, en évoquant « des assemblées pour la 1re fois strictement paritaires et ainsi plus représentatives, mais dirigées dans 9 cas sur 10 par un homme ». Et de plaider pour « la pleine mobilisation des partis » pour la parité même « lorsqu’ils n’y sont pas contraints ». 

Des femmes présidentes ? « On est encore dans le domaine du rêve… », pronostiquait récemment le secrétaire général du MoDem Marc Fesneau.

L’argument du sortant expérimenté, la plupart du temps un homme puisque les conseils généraux sortants comptaient 13,8 % de femmes, est souvent mis en avant, au risque du statu quo. « Beaucoup de sortants vont se présenter et ils seront présidents », analysait ainsi la députée UMP Virginie Duby-Muller, chargée de la parité à l’UMP. 

 

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