L’État et la Lorraine signent un pacte de 300 millions d’euros sur 3 ans

Emploi

Jean-Marc Ayrault et le président PS de la région Lorraine Jean-Pierre Masseret ont signé, mardi 17 septembre à Matignon, un inédit pacte 2014-2016 qui prévoit des investissements État-région de 300 millions d’euros en faveur de projets jugés innovants.

Frappée par la désindustrialisation et les fermetures de hauts-fourneaux, « la Lorraine connaît des difficultés industrielles dans certains secteurs mais a aussi beaucoup d’atouts », a estimé le Premier ministre.

Près d’un an après la crise autour du dossier Florange, il a procédé à la signature de ce pacte avec M. Masseret, en présence de nombreux élus locaux et de la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, ancienne députée de Moselle. Ce pacte, inédit entre l’État et une région, prévoit un investissement de 300 millions d’euros sur trois ans, financé à parts égales par l’État et la région. Il est censé de surcroît permettre, selon M. Ayrault, un « effet de levier » qui pourrait aboutir à « court terme » à des investissements d’un montant total d’1,5 milliard d’euros.

Ce pacte, a détaillé le Premier ministre, va s’articuler autour de trois objectifs. Le premier consistera à « consolider et spécialiser le tissu de recherche local autour d’une grande technopole lorraine des matériaux et de l’énergie, rassemblant les industriels, les plateformes technologiques, l’université et les grandes écoles », a expliqué M. Ayrault.

Le deuxième objectif vise à valoriser la « filière bois, stimuler l’innovation dans l’agro-alimentaire » ou encore accélérer le développement du très haut débit. Le dernier objectif s’articule autour des transports (LGV, voies fluviales). Au total, 16 projets ont été sélectionnés et seront rendus publics par la région mercredi 18 septembre. Le suivi de la mise en œuvre de ce pacte sera assuré par le préfet de Région, Nacer Meddah. « C’est une région qui se bat et qui veut conquérir des places, on n’est pas sinistrés, on est des combattants ! », a fait valoir M. Masseret.

M. Ayrault a aussi mis l’accent sur les atouts de la Lorraine, dont son « lien particulier avec l’Allemagne », une « identité industrielle forte », et « surtout l’envie profonde des Lorrains de ne pas subir et de prendre leur destin en main ». D’ailleurs, le Premier ministre a formulé « une exigence : c’est que les projets soutenus parlent aux Lorrains, leur bénéficient directement (…) et surtout qu’ils en soient acteurs ».

Interrogé sur un éventuel déplacement de François Hollande à Florange, promis durant la campagne présidentielle, M. Ayrault a répondu : « le président de la République visite toutes les régions de France, il ira sûrement en Lorraine, ce sera pour conforter ce que nous décidons d’engager ensemble ».
 
Le rapporteur général du Budget à l’Assemblée et député PS de Meurthe-et-Moselle, Christian Eckert, a salué dans un communiqué un « signe fort » par les moyens financiers promis, la « méthode » suivie, basée sur la concertation, et la priorité donnée à la recherche et au développement. La Lorraine, où vivaient en 2012, 2,36 millions de personnes, est la région française la plus touchée par le déclin de l’industrie dans le pays, avec une chute de 27 % de l’emploi salarié dans ce secteur entre 2000 et 2010 (soit – 48 000 emplois), contre une baisse de 19 % pour la moyenne nationale. En termes de PIB, la Lorraine se classe en milieu de classement des régions françaises, avec quelque 55 milliards d’euros en 2011.
 

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