Un rapport sénatorial réclame une rallonge de 100 000 contrats aidés en 2018

Emploi

Un rapport sénatorial tire à boulets rouges sur la réduction « brutale » du nombre de contrats aidés décidée par le gouvernement et réclame une rallonge « temporaire » de 100 000 contrats pour 2018, pour les seniors et les petites associations.

Le budget pour 2018 ne prescrit que 200 000 contrats aidés, après 320 000 en 2017 et 459 000 en 2016. Le gouvernement les a rebaptisés « parcours emploi compétences » (PEC), sans toutefois en changer la base légale, et a promis une sélection plus sévère des employeurs.

Dans leur rapport, approuvé par la commission de la culture du Sénat, les sénateurs Alain Dufaut (LR) et Jacques-Bernard Magner (PS) préconisent, pour 2018, « d’augmenter temporairement le volume des contrats aidés de 50 000 » pour les chômeurs de longue durée de plus de 55 ans et « de 50 000 » pour les associations de moins de cinq salariés.

Pour les petites associations, les volumes de contrats aidés seraient « réduits progressivement jusqu’en 2020 », afin de leur « assurer une période de transition », plaident-ils.

Selon les deux sénateurs, la « limitation brutale » imposée par l’exécutif a été une « décision prématurée ».

Elle a eu, écrivent-ils, des « conséquences néfastes » sur l’activité des structures qui emploient des contrats aidés, mettant notamment « en péril l’existence même de nombreuses associations » et conduisant parfois « au licenciement de leurs autres permanents ». Cette baisse drastique a, en outre, été « humainement compliquée » pour des « personnes dont le renouvellement du contrat avait été considéré comme acquis ».

Pour les auteurs, les parcours emploi compétences (PEC) sont « peu novateurs », car ils se basent sur le même « triptyque emploi-formation-accompagnement » que les contrats aidés signés auparavant.

Ils craignent, par ailleurs, que l’application plus stricte de ce triptyque, promise par le gouvernement, n’exclue une « grande partie des 112 000 seniors bénéficiaires de contrats aidés », pour lesquels « le volet formation est d’une utilité réduite ».

S’ils sont très critiques sur le choix du gouvernement, les auteurs reconnaissent néanmoins que, par le passé, les contrats aidés ont été « régulièrement utilisés » pour « faire sortir leurs bénéficiaires des chiffres officiels du chômage », faisant ainsi « primer le quantitatif – des  volumes importants de contrats aidés – sur le quantitatif – des  contrats favorisant une réelle insertion professionnelle à leur issue ».

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