« Aujourd’hui, il est possible de faire carrière dans les métiers de l’animation »

Enfance et famille

Entretien avec Nicolas Vouillon, inspecteur jeunesse et sports et coordinateur de Diriger et gérer un accueil de loisirs, paru début avril aux Éditions Weka.

Weka : Nicolas Vouillon, comme inspecteur jeunesse et sports et ancien conseiller en éducation populaire, quelles sont selon vous les principales difficultés rencontrées par les directeurs de centres de loisirs ?

Nicolas Vouillon : Le métier d’animateur est relativement récent, et donc encore en quête de légitimité. Les animateurs sont souvent jeunes, et non titulaires. Il y a par conséquent un fort turn-over, avec beaucoup d’animateurs occasionnels. Les directeurs doivent en permanence former, accompagner, dans un métier dont la culture professionnelle est très orale. Les outils peuvent ainsi manquer pour capitaliser, mutualiser les expériences et les bonnes pratiques. Il y a réellement une difficulté pour les directeurs à former des équipes souvent renouvelées.

Ensuite, les besoins sont très variés. Le directeur doit posséder des compétences diverses, pour certaines lointaines de l’éducatif et de l’encadrement, telles la gestion, la comptabilité, la logistique, l’aménagement des espaces, etc. Pour être bon, il faut réussir dans tous les périmètres, condition sine qua non pour que l’équipe réalise ses objectifs pédagogiques et éducatifs.Dont l’aspect réglementaire, véritable maquis, puisque s’additionnent aux règles propres aux accueils de mineurs une superposition d’autres normes – Codes du travail, de la construction et de l’habitation, de santé publique, de la consommation, etc.

Il y a donc, pour le directeur, un environnement juridique complexe à appréhender.
 

Weka : En quoi le métier se transforme-t-il ?

Nicolas Vouillon : Aujourd’hui, qu’ils soient en régie directe en ou délégation, les accueils de loisirs sont devenus de vrais services publics. Ils constituent un atout, une plus-value du territoire pour attirer des familles. Il y a donc une forte attente de celles-ci comme des élus. Les équipes se doivent alors d’être professionnelles, de se légitimer par leurs fonctions éducatives et sociales. Il faut dépasser le cliché de la « garderie », et du métier d’animateur comme « job étudiant », et apporter ce que l’école ou d’autres structures socio-éducative ne peuvent apporter à elles seules.

Les directeurs font aussi face à la judiciarisation de la société, qui induit un renforcement, une consolidation juridique et organisationnelle des ALSH.

Il y a là un processus de professionnalisation, la création d’un véritable métier de directeur de centre, de façon très rapide. Aujourd’hui, il est possible de faire carrière dans les métiers de l’animation. Les centres, qui ont connu un fort développement qualitatif et quantitatif, doivent poursuivre dans cette voie. Charge aux équipes pédagogiques de démontrer qu’ils agissent comme des professionnels exigeants au service d’une ambition éducative.
 

Weka : Les directeurs sont-ils selon vous suffisamment formés ?

Nicolas Vouillon : Il y a eu constitution et renouvellement des diplômes, notamment des diplômes professionnels d’État, qui valident le professionnalisme de leurs titulaires. Là où le bât blesse peut-être, c’est dans la relative absence de formation continue. Des progrès sont possibles, dans un secteur très évolutif où la formation devrait être quasi-permanente.
 

Weka : Dans ce contexte, quelles réponses apportent Diriger et gérer un accueil de loisirs ?

Nicolas Vouillon : Il permet d’éclaircir les points qui ne sont pas évidents, de percevoir les enjeux du droit, la façon d’appliquer les règles, de donner du sens à celles-ci.

Il puise et restitue les bonnes pratiques des professionnels, les savoir-faire des auteurs, eux-mêmes directeurs pour une bonne partie. Si leur point de vue n’est certes pas suffisant – d’où le caractère pluridisciplinaire de l’équipe rédactionnelle – , Diriger et gérer un accueil de loisirs donne toute leur place aux acteurs du terrain.

Et apporte ainsi ce qui manque beaucoup au secteur, à savoir un outil permettant la diffusion des bonnes pratiques, couplé à des éclairages théoriques. Une petite révolution copernicienne dans l’approche éditoriale qui se veut plus axée sur la pratique, plus adaptée aux contraintes des directeurs voire des animateurs, souvent pris par le quotidien.

Et en abordant des thèmes novateurs, tels agir pour le développement durable en accueil de loisirs, ou des sujets souvent traités dans le cadre scolaire mais plus rarement dans celui des ACM : faire vivre la laïcité en accueil de loisirs ou gérer les régimes alimentaires liés aux convictions religieuses. Des sujets parfois jugés tabous, mais pour lesquels les professionnels ont justement besoin de pistes pour trouver des solutions concrètes.

 

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Agir pour le développement durable en ALSH

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Si l’Éducation à l’environnement mise en œuvre dans certains accueils collectifs de mineurs à caractère éducatif (ACCEM) est nécessaire, elle demeure insuffisante pour les inscrire dans une démarche de développement durable : agir pour le développement durable en ALSH nécessite d’aller plus loin.

Cet extrait du nouveau service documentaire Diriger et gérer un accueil de loisirs vous est offert par les Éditions Weka.

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