Les parents d’enfants handicapés plus souvent sans emploi et précaires

Enfance et famille

Les parents d’un enfant handicapé, et majoritairement les mères, vivent plus fréquemment seules et se trouvent dans une situation moins favorable sur le marché du travail que les autres familles, ce qui les conduit à une plus grande précarité, a révélé vendredi 6 novembre 2020 une étude de la Drees.

En 2016-2017, 292 000 ménages en moyenne touchaient l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AAEH) destinée à compenser les dépenses en matière de soins et d’éducation, soit 4 % des ménages avec un enfant de moins de 20 ans.

Ces « ménages » sont souvent des familles monoparentales : 30 % sont dans cette situation (neuf fois sur dix il s’agit de mères avec leurs enfants), soit 7 points de plus que les autres ménages avec enfant de moins de 20 ans, souligne le service statistique des ministères sociaux dans cette étude qui décortique le profil des bénéficiaires de l’AEEH.

Vivant plus souvent seuls et un peu moins diplômés de l’enseignement supérieur – 27 % des mères et 26 % des pères -, les parents d’enfant handicapé sont aussi plus éloignés de l’emploi.

Au sein des couples ayant au moins un enfant handicapé, les deux parents travaillent dans 53 % des cas, soit 17 points de moins que pour les autres parents en couple. Ce moindre niveau d’emploi des parents d’enfant handicapé concerne avant tout les mères, dont 54 % travaillent, quand c’est le cas de 74 % de celles n’ayant pas d’enfant handicapé.

Cet écart est beaucoup plus réduit concernant les pères d’enfant handicapé et les autres : 82 % des premiers travaillent contre 88 % des seconds.

Concernant les familles monoparentales, seul un parent touchant l’AEEH sur deux travaille (49 %) contre sept parents non-bénéficiaires sur dix (71 %).

En outre, les parents d’enfant porteur de handicap sont plus souvent inactifs, c’est-à-dire ni en emploi ni au chômage, en particulier les mères. Beaucoup déclarent d’ailleurs qu’elles le sont pour s’occuper d’un enfant ou d’une personne dépendante.

Quand elles travaillent, elles sont plus souvent à temps partiel (42 % des mères contre 31 % dans les autres ménages) pour les mêmes raisons.

Cette situation entraîne une plus grande fragilité économique pour ces familles, dont le niveau de vie mensuel moyen atteint 1 567 euros, soit 272 euros de moins que les autres ménages.

Ainsi, près d’un ménage bénéficiaire de l’AEEH sur quatre (24 %) vit sous le seuil de pauvreté contre 17 % pour les autres ménages avec enfants, indique la Drees.

Sans cette aide, l’écart de niveau de vie serait presque deux fois plus important (494 euros).

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