L’Insee dépeint une France féconde mais vieillissante

Enfance et famille

La population française a progressé de 346 000 personnes en 2009, selon une récente étude de l’Insee. L’an dernier, 821 000 bébés sont nés et 546 000 personnes sont décédées.

Au 1er janvier 2010, 64,7 millions de personnes vivent en France métropolitaine et dans les départements d’outre-mer (DOM). Par rapport au 1er janvier 2009, la population française a ainsi augmenté de 346 000 personnes, soit + 0,5 %. Cette augmentation se révèle légèrement inférieure à celle des années précédentes : + 0,7 % en 2006 et + 0,6 % en 2007 et 2008. Tels sont les principaux chiffres issus du « Bilan démographique 2009 » publié à la mi-janvier par l’Insee.

En 2009, 821 000 bébés sont nés et 546 000 personnes sont décédées. Le solde naturel s’établit donc à + 275 000 personnes. En 2008, il était de + 286 000. Il diminue en raison de la légère hausse du nombre de décès en 2009 (+ 3 500 par rapport à 2008, soit + 0,6 %), mais aussi de la légère baisse du nombre de naissances (- 7 500, soit – 0,9 %). « Le nombre de naissances en 2009 (821 000) se situe néanmoins à un haut niveau, largement au-dessus de la moyenne de ces dix dernières années », insistent les auteurs de l’étude.

En 2009, le solde migratoire de la France est estimé à + 71 000 personnes. « Cet apport modeste des migrations, en comparaison du solde naturel, est une caractéristique propre à la démographie française et ne se retrouve pas chez les principaux voisins européens de la France », note l’Insee.

Au 1er janvier 2010, 24,7 % de la population a moins de 20 ans. Même si cette part diminue, le nombre de jeunes continue d’augmenter grâce aux naissances relativement nombreuses de ces dernières années. Comme les premières générations du baby-boom d’après-guerre ont atteint ou dépassé les 60 ans depuis 2007, le nombre des personnes de 20 à 59 ans diminue depuis cette date. La part des personnes de 60 ans ou plus continue, en revanche, d’augmenter et atteint 22,6 % au 1er janvier 2010.

À noter : pour la première fois, au 1er janvier 2010, la population des 27 pays de l’Union européenne dépasse les 500 millions d’habitants ! La France, où vivent 13 % des Européens, est le deuxième pays le plus peuplé, derrière l’Allemagne (81,7 millions d’habitants). Avec 62 millions d’habitants, le Royaume-Uni arrive en troisième position.

La fécondité se maintient à un haut niveau

En 2009, le nombre de naissances a diminué de 7 500 par rapport à 2008. Un quart de cette baisse (soit environ 2 000 naissances) s’explique mécaniquement par le fait que 2008 était une année bissextile. Un cinquième de cette baisse est dû à la diminution de la population féminine de 15 à 50 ans entre 2008 et 2009. Si les effectifs à ces âges étaient restés les mêmes qu’en 2008, il y aurait eu 1 500 naissances supplémentaires. Enfin, la baisse des taux de fécondité des femmes de moins de 30 ans explique le reste de la diminution du nombre des naissances. La fécondité des femmes de plus de 30 ans continue, quant à elle, d’augmenter.

En conséquence, en 2009, l’indicateur conjoncturel de fécondité a, très légèrement, fléchi par rapport à l’année précédente. En 2008, il avait atteint son niveau le plus élevé depuis 1975 en dépassant le seuil symbolique des deux enfants par femme ! En 2009, il reste, néanmoins, à un haut niveau (1,99 enfant par femme), nettement plus élevé qu’il y a dix ans. Le changement dans les comportements de fécondité, avec notamment la hausse des taux de fécondité après 28 ans depuis 1999, aurait dû entraîner 82 000 naissances de plus qu’il y a dix ans. Mais en 1999, le nombre de femmes d’âge fécond était plus élevé qu’aujourd’hui et la part des femmes entre 25 et 35 ans était plus favorable à une forte fécondité. C’est l’évolution de la population féminine qui a limité à 45 000 la hausse du nombre de naissances entre 1999 et 2009, précise l’Insee.
En Europe, la France demeure en tête des pays européens en termes de fécondité, avec l’Irlande et le Royaume-Uni.

L’espérance de vie des femmes repart à la hausse

L’espérance de vie à la naissance des femmes a progressé de deux mois en 2009 par rapport à l’année précédente. Résultat : une fille née en 2009 peut espérer vivre jusqu’à 84 ans et demi (si les conditions de mortalité à chaque âge restent identiques tout au long de sa vie à celles observées en 2009). La baisse de la mortalité entre 70 et 90 ans en 2009 explique l’augmentation de l’espérance de vie de deux mois. Pour les hommes, l’espérance de vie à la naissance a, également, augmenté de deux mois pour atteindre 77,8 ans. Leur gain d’espérance de vie s’explique, en grande partie, par le recul de la mortalité entre 70 et 79 ans.

L’espérance de vie des Françaises est supérieure de deux ans à celle des femmes de l’Union européenne à 27 et d’un an à celle des femmes de l’ancienne Union européenne à 15. Seules les Espagnoles ont une espérance de vie supérieure de quelques mois à celle des Françaises. En revanche, l’espérance de vie des hommes est en France juste au niveau de la moyenne des principaux pays européens. Un garçon né en 2008 en France peut espérer vivre jusqu’à 77,6 ans, contre 77,8 ans dans l’ex-Union européenne à 15 et 76,2 ans dans l’Union européenne à 27. La Suède et l’Espagne figurent en tête du classement : les garçons nés en 2008 peuvent espérer y vivre plus de 79 années.

Le taux de mortalité infantile a atteint un palier

Avec 3,8 décès d’enfants de moins d’un an pour 1 000 naissances vivantes en 2009, le taux de mortalité infantile est stable depuis 2006. « Après avoir diminué fortement jusqu’en 2004, il semble avoir atteint un palier », avance l’Insee. En Europe, quelques pays ont réussi à obtenir de meilleurs résultats : 2,5 pour 1 000 en Suède en 2008, 2,6 en Finlande ou 3,5 en Allemagne.

Pour en savoir plus :

Insee Première, n° 1276, janvier 2010, 2,30 €

Posté le par Rédaction Weka

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