L’IVG remboursé à 100%

Enfance et famille

Les députés ont voté vendredi 26 octobre 2012 le remboursement à 100 % des interruptions volontaires de grossesse (IVG) par l’assurance maladie à toutes les femmes à partir de 2013, une revendication ancienne de nombreuses associations et une promesse de campagne de François Hollande.

Au cours d’un débat apaisé, où il a été abondamment rendu hommage à Simone Veil et à sa loi dépénalisant l’IVG (1975), la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a affirmé qu’il s’agissait d’un « choix de santé publique » et rappelé qu’un avortement n’était « jamais un acte anodin » pour une femme.

Actuellement, un avortement coûte, selon la méthode (médicament ou intervention chirurgicale) et selon le lieu (hôpital ou cabinet médical), entre 200 et 450 euros. L’assurance maladie prend aujourd’hui en charge à 100 % les IVG pour les jeunes filles mineures et entre 70 % (en ville) et 80 % (en établissement de santé) des frais pour les femmes majeures. La prise en charge à 100 % représentera un coût de 13,5 millions d’euros.

Plusieurs députées PS ont cité Simone Veil, ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, qui avait fait voter en 1975 la légalisation de l’IVG, au terme d’un dur combat politique. Rare homme à gauche à intervenir, le député Jérôme Guedj, a dit son « émotion » de « légiférer sur l’IVG ». « Je revois l’image de Simone Veil qui nous a tous marqués », a-t-il dit. La députée UMP Bérengère Poletti, qui a souligné avoir fait de la contraception son « combat » de « femme libre », s’est opposée à un amendement de suppression de l’article signé de six de ses collègues UMP.

Beaucoup de députés ont souligné la difficulté d’accès à l’IVG. Ainsi la communiste Jacqueline Fraysse a cité des délais allant jusqu’à cinq semaines, contre 5 jours recommandés, entre la prise de contact et l’acte dans un département comme la Seine-Saint-Denis, déplorant « le manque criant de centres IVG dans les structures publiques ». Mme Poletti a aussi souligné le fait que les nouveaux médecins n’étaient plus les militants des années 70. « S’il n’y a plus l’esprit militant, il faut souligner le fait qu’il y a plus de femmes médecins », a rétorqué la ministre de la Santé, tandis que le jeune député socialiste Olivier Véran assurait que « les jeunes médecins sont tout aussi militants ». La députée écologiste Véronique Massonneau a plaidé pour que le gouvernement « travaille sur la revalorisation de l’acte », ce qu’il a promis de faire.

L’IVG chirurgicale est en effet une activité déficitaire pour les établissements de santé, conduisant certains à se désengager de cette activité et à réduire le nombre de lieux de prise en charge. Selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) d’octobre 2009, le coût des IVG représente 70 millions d’euros, dont 55 « sont pris en charge par l’assurance maladie », le reste constituant le ticket modérateur à la charge des patientes.

En 2010, 225 000 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été réalisées en France.

Copyright © AFP : « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2012

Posté le par

Recommander cet article

Réagissez à cet article sur le forum