L’Unaf s’oppose à l’extension du travail du dimanche

Enfance et famille

L’Union nationale des associations familiales (Unaf) pointe les risques de l’extension du travail du dimanche pour l’organisation des familles.

« Quand les parents pourront-ils s’occuper de leurs enfants ? », s’inquiète l’Union nationale des associations familiales (Unaf). L’Union alerte ainsi sur les « conséquences négatives » de l’extension du travail du dimanche « pour l’organisation des familles et pour le travail des femmes ». Cette extension est prévue par le projet de loi pour la croissance et l’activité, dont l’Assemblée nationale a débuté l’examen ce lundi 26 janvier.

Voici les « risques identifiés » par l’Unaf.

Une contrainte pour les parents salariés

En autorisant à passer de 5 à 12 dimanches travaillés par an, ce projet va, de fait, permettre à certains employeurs de faire travailler leurs salariés un dimanche sur quatre, a calculé l’Union. « Bien sûr, le travail est nécessaire au maintien du pouvoir d’achat des familles et les personnes qui veulent travailler doivent pouvoir le faire…, estime l’Unaf. Mais le principe du volontariat est fictif dans un contexte de chômage de masse, qui plus est, dans un secteur où les salariés, principalement des femmes, sont contraints à des temps partiels et à des horaires décalés ».

L’Union tient donc à alerter sur les effets de cette dérogation supplémentaire sur l’emploi des femmes, sur les besoins en modes de garde atypiques et sur l’organisation des familles. « De plus, quelle est la « liberté » de travailler pour une femme seule qui n’a pas de solution de garde pour ses enfants ? », interroge l’Unaf.
 

La désorganisation des familles

La durée du temps passé en famille est déterminante pour le développement des enfants, rappelle l’Unaf. « Comment exiger que les parents soient les principaux éducateurs de leurs enfants, tout en les privant du temps nécessaire pour s’investir dans cette tâche ? » Les difficultés à cumuler vie familiale et vie professionnelle sont déjà réelles, insiste l’Union : « cette extension risque de renforcer le phénomène ». Pour l’Unaf, ce sont les rythmes de consommation qui doivent s’adapter à la vie de famille et non l’inverse.
 

Les effets pervers de la mesure

Le pouvoir d’achat des familles n’est pas extensible. « Par l’incitation supplémentaire à la consommation, cette mesure risque d’aggraver le surendettement des familles les plus fragiles », craint donc l’Unaf.

L’Unaf va saisir la ministre chargée de la Famille et alerter les maires sur « leur responsabilité dans l’adaptation des dispositifs d’accueil des enfants (crèches et centres de loisirs) pour permettre aux parents, qui doivent travailler le dimanche, de pouvoir s’organiser ».
 

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