Baisse des dotations aux collectivités: Marylise Lebranchu « assume » un « moment difficile »

Finances locales

La ministre de la Décentralisation Marylise Lebranchu a qualifié vendredi 2 octobre « de moment difficile à passer » la baisse des dotations aux collectivités inscrite dans le projet de budget 2016, tout en affirmant « assumer » cette mesure.

« Plus tard, peut-être, nous pourrons nous dire qu’on aura eu raison (…) Nous avons un moment difficile à passer, mais nous ne pouvons pas laisser une telle dette du pays à nos enfants », a déclaré Mme Lebranchu, en clôturant le Congrès des Villes de France, qui se tenait depuis la veille à Bourg-en-Bresse (Ain).

« Vous pouvez râler, parce que cela fait du bien. Hurler même, mais votre travail est magnifique parce que les citoyens français comptent d’abord sur vous », a ajouté la ministre en s’adressant à la centaine d’élus présents, de villes et d’agglomérations de taille moyenne (de 15 000 à 100 000 habitants).

Ces derniers participaient à des débats sur la place des villes dans les nouvelles grandes régions nées du redécoupage territorial et leurs contraintes financières.

Présenté mercredi 30 septembre, le projet de loi de finances 2016 prévoit la poursuite de la baisse des dotations de l’État aux collectivités à hauteur de 3,5 milliards d’euros par an, en partie compensée par la création d’un fonds d’aide à l’investissement local doté d’une capacité d’engagement de 1 milliard d’euros.

Entamée en 2014, la baisse de la dotation globale de fonctionnement (DGF) représentera d’ici 2017 un manque à gagner de 28 milliards d’euros pour les collectivités dont 15,8 milliards pour les communes. Soit 1,9 % de leurs recettes annuelles de fonctionnement.

Pour Mme Lebranchu, cette nouvelle dotation est « plus juste et plus adaptée aux réalités locales ».

« On ne peut pas faire mieux avec moins d’argent », a répondu Caroline Cayeux, présidente de l’Association Villes de France et sénatrice-maire Les Républicains de Beauvais, évoquant « des marges de manœuvre impossibles ».

Selon une dernière étude du groupe Randstat, presque les deux tiers des collectivités (61 %) pensent que cette amputation des ressources va « certainement » influencer leurs recrutements et leur gestion des ressources humaines, contre 49 % en 2014.

Sur son site internet, l’Association des Maires de France a déploré « que la baisse des dotations de l’État ne soit revue ni dans son ampleur ni dans son rythme ».

« C’est pourquoi la mobilisation des maires et présidents d’intercommunalité, qui s’est exprimée le 19 septembre, se poursuivra jusqu’au 98e Congrès des maires des 16 au 19 novembre » à Paris, a poursuivi l’AMF.

 

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