Le CA de Dexia ouvre la voie à de nouvelles cessions et alliances

Finances locales

Le conseil d’administration de la banque franco-belge Dexia, réuni lundi soir, a ouvert la voie à de nouvelles cessions et alliances pour résoudre les « problèmes structurels » qui pèse sur le groupe, et laisse même entrevoir la possibilité d’un démantèlement pur et simple.

Le conseil a admis que la « taille du portefeuille d’actifs non stratégiques pèse structurellement sur le groupe » et mandaté son administrateur délégué, Pierre Mariani, pour prendre les mesures nécessaires et « ouvrir de nouvelles perspectives de développement » aux filiales française et belge, selon un communiqué diffusé dans la nuit.

Sans rien dire des mesures concrètes qui sont envisagées, le CA laisse entendre que le portefeuille d’actifs gérés en extinction, qui pesait encore 95 milliards d’euros fin juin, pourrait être séparé de la banque. Selon les sites du Figaro et du Financial Times, l’opération pourrait se faire via la création d’une entité dédiée, souvent appelée « bad bank », bénéficiant, le cas échéant, de garanties publiques pour soulager Dexia des pertes éventuelles que génèrerait le portefeuille.

Concernant le reste du groupe, Le Figaro évoque une « liquidation ordonnée » avec, au programme, la découpe et la cession de la filiale turque Denizbank, de la gestion d’actifs, de la banque privée mais aussi de l’activité de banque de détail en Belgique. Quant au portefeuille de prêts aux collectivités locales françaises, qui pèse environ 70 milliards d’euros, il va être repris, toujours selon le quotidien français, par une société commune créée par la Caisse des dépôts et la Banque Postale.

Celles-ci travaillent à la reprise d’une partie des activités de financement et du portefeuille de crédits aux collectivités de la banque franco-belge Dexia, a indiqué mardi à l’AFP l’entourage de la CDC. La CDC souhaite « la pérennisation dans les meilleures conditions d’un financement des collectivités locales », a-t-on précisé, en indiquant que le directeur général de la Caisse, Augustin de Romanet, s’attachait à formaliser un projet « dans les meilleurs délais, sans doute dans les prochains jours ».

« En tant qu’actionnaire de La Poste, la Caisse des dépôts est, aussi, convaincue que la Banque Postale a un rôle important à jouer dans ce domaine », a également fait valoir l’entourage de la CDC. En vertu des règles de gouvernance de la Caisse, M. de Romanet devra au préalable soumettre le projet en gestation à la Commission de surveillance, organe de contrôle de l’établissement où siègent plusieurs députés.

Si la CDC estime que le projet fait sens, « l’importance des enjeux impose que l’environnement juridique et financier de cette opération soit sécurisé pour ne faire courir aucun risque aux épargnants français et aux nombreuses autres missions de la Caisse des dépôts », souligne-t-on de même source. La Caisse ouvre ainsi la porte à l’instauration d’une garantie publique sur le portefeuille de crédits aux collectivités françaises de Dexia, qui atteint 80 milliards d’euros, selon la CDC. La Caisse travaille aujourd’hui sur le dossier avec l’Etat « dans un cadre très contraint », qui doit notamment permettre la protection de l’épargne des Français, la CDC centralisant les deux tiers des dépôts du Livret A.

Les deux Etats actionnaires, français et belge, « ont confirmé leur volonté de soutenir le Groupe Dexia, pour qu’il puisse mettre en oeuvre (…) de façon ordonnée et dans les meilleures conditions » les mesures demandées à M.Mariani, souligne le communiqué du conseil d’administration. Les gouvernements français et belge « suivent la situation » concernant le sort de la banque Dexia, et « interviendron(t) si nécessaire », a déclaré mardi le ministre belge des Finances, Didier Reynders, en marge d’une réunion avec ses homologues de la zone euro à Luxembourg.

« Dans le cadre de la restructuration de Dexia, les Etats belge et français, en liaison avec les banques centrales, prendront toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des déposants et des créanciers », souligne un bref communiqué conjoint des ministres des Finances des deux pays.

A 11H00, le titre Dexia abandonnait encore 23,6% à 0,99 euro à la Bourse de Paris.

 

 

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