Les investissements des communes progressent malgré la crise

Finances locales

Pour 2011, les investissement réalisés par les collectivités locales — communes et intercommunalités notamment — représentent près de 80% des dépenses d’équipement brut du secteur public local.

Après avoir diminué de 4,9% en 2010, l’investissement des collectivités locales est reparti à la hausse : il progresse de 2,9% pour atteindre 51,9 milliards d’euros, explique Dexia dans sa note de conjoncture, présentée le 1er décembre. Le secteur du bâtiment et des transports publics est dynamique, en particulier grâce aux efforts des grandes agglomérations en faveur du transport collectif en site propre.

Les équipements publics liés à la santé sont très porteurs ainsi que, dans une moindre mesure, ceux relatifs aux transports, à la culture et aux loisirs. En revanche, les collectivités investissent moins dans les équipements liés à l’action sociale. Il faut noter, toutefois, des disparités entre collectivités : certaines programment des investissements d’envergure alors que d’autres sont confrontées à des tensions financières et peinent à trouver des financements.

Les communes en tête

La reprise de l’investissement en 2011 est principalement due aux communes ; leurs investissements augmentent de 4,1%, et ceux des groupements à fiscalité propre de 7,7%. À l’inverse, les départements diminuent les leurs de 2,7%. Un quart des investissements communaux étant assuré par des subventions, les communes financent réellement 60% des dépenses d’équipement.

Il faut noter que ce dynamisme local intervient dans un contexte de crise : la prévision de croissance en France, pour 2012, est estimée à 1% du produit intérieur brut (PIB). Le Gouvernement a fixé des objectifs de réduction du déficit public qui contraindront les collectivités locales à un équilibre de leurs finances en 2015, et donc à une stabilité de leur dette à cette date. Par ailleurs, « la faible pression fiscale, associée à une hausse des droits de mutation un peu moins marquée qu’en 2010 entraînent un ralentissement de la croissance des recettes courantes en 2011 », précise Dexia. La banque évalue ainsi cette croissance à 3,1% (contre 4,2% en 2010).

5% des investissements financés par l’emprunt

Aujourd’hui, les collectivités contractent des emprunts pour 5% de leurs investissements, soit un recours à l’endettement de 2,7 milliards d’euros. Le reste est couvert par les ressources propres, l’autofinancement et les recettes d’investissement hors emprunt. L’encours de dette représentera 154,7 milliards à la fin de l’année (+1,8% par rapport à 2010), soit l’équivalent de 7,7% du PIB.

Dexia rappelle que, depuis la fin du premier semestre 2011, les collectivités sont confrontées à un phénomène inédit : la raréfaction de l’offre de crédits des établissements bancaires, voire le retrait total de certaines banques. Devant les difficultés, rencontrées par certaines collectivités pour obtenir des financements bancaires, une enveloppe d’urgence de cinq milliards d’euros a été ouverte par la Caisse des dépôts (CDC). Cette somme devra couvrir les besoins de financement des collectivités et des hôpitaux pour la fin de l’année 2011 et les premiers mois de 2012.

Marie Gasnier

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