Maurice Vincent élu à la tête de l’Association contre les emprunts toxiques

Finances locales

Le sénateur-maire de Saint-Étienne Maurice Vincent (PS) a été élu mercredi 12 septembre président de l’Association des collectivités contre les emprunts toxiques à la place du socialiste Claude Bartolone, qui préside depuis juin l’Assemblée nationale.

Saint-Étienne compte parmi les villes les plus exposées à des produits financiers considérés comme toxiques. Ces emprunts avaient été souscrits par le prédécesseur de M. Vincent à l’Hôtel de Ville, l’UMP Michel Thiollière.

Pour sa part, M. Bartolone vient de renoncer à la présidence du conseil général de Seine-Saint-Denis, qu’il exerçait depuis mars 2008. À ce titre, il avait dénoncé les emprunts toxiques placés par les banques auprès des collectivités, les qualifiant de « dérive du capitalisme financier ».

L’Association des collectivités contre les emprunts toxiques compte 70 membres, « mais elle est ouverte à toutes les associations concernées », a déclaré M. Vincent à l’AFP. Selon lui, 1 000 institutions, collectivités ou établissements publics, comme les hôpitaux, sont concernées par les emprunts « à risques importants » qui totalisent 19 milliards d’euros. La facture à payer pour en sortir est comprise entre 10 et 15 milliards d’euros, a-t-il estimé.

M. Vincent a souligné « l’urgence de la situation », « les emprunts toxiques allant entrer dans leur phase dangereuse ». « Cela nous incite à une action forte pour trouver une solution », a-t-il poursuivi. Il a souligné « une volonté commune de mener d’un côté des actions individuelles, en particulier devant la justice », et de l’autre d’imaginer « une sortie de crise globale ». « Pour ma part, je vais préconiser la mise en place d’une solution mutualisée car plusieurs centaines de collectivités ne pourront pas assumer l’effort financier demandé », a-t-il dit.

Dans ce contexte, il a annoncé qu’il allait demander à rencontrer très rapidement les principaux ministres concernés par le dossier. Les emprunts structurés proposent un taux d’intérêt bonifié pendant une première période d’amortissement, avant d’être liés à des indices qui entraînent des variations des taux d’intérêts pour les collectivités, à la hausse ou à la baisse. Les emprunts toxiques sont les plus spéculatifs de ces produits, en étant couplés par exemple à des variations de changes. Ils peuvent entraîner de fortes hausses des taux d’intérêts pour les collectivités.

Fin 2011, une commission d’enquête parlementaire, présidée par M. Bartolone et à laquelle appartenait M. Vincent, avait proposé des mesures pour, d’une part, empêcher que cette situation ne se reproduise et, d’autre part, venir à bout du stock d’emprunts toxiques. Parmi ces dernières mesures, la commission avait préconisé la mise en place d’une structure unique pour renégocier produit par produit ces prêts.
 

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