Potion amère pour Toulouse : hausse d’impôts et 105 millions d’économies

Finances locales

Le maire (UMP) de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, a affirmé jeudi 2 avril que la ville se trouvait « au bord du dépôt de bilan » et devait augmenter « exceptionnellement » les impôts et réduire ses dépenses de fonctionnement de 105 millions d’euros d’ici 2020.

Augmenter l’impôt est « un crève-cœur », a dit M. Moudenc, qui avait promis la « stabilité fiscale » pendant sa campagne électorale au début de l’année dernière.

Mais l’édile a accusé la municipalité précédente, dirigée par le socialiste Pierre Cohen, d’avoir « pour ainsi dire ruiné les marges de manœuvres financières » de la ville, selon le texte de l’intervention qu’il a lue, devant la presse et les élus de sa majorité.

M. Moudenc a assuré que « la baisse brutale et drastique des dotations de l’État » décidée par le gouvernement socialiste avait accentué les difficultés. Car selon la mairie, l’État va progressivement diminuer son concours financier annuel à la ville, qui passera de 109 millions d’euros versés en 2014 à 70 en 2020.

Le maire a cependant assuré que Toulouse ferait « figure d’exception » parmi les grandes villes de France car elle maintiendrait « un haut niveau d’investissement » afin d’obtenir « un effet bénéfique sur l’économie ».

Il a affirmé trois priorités municipales : « la sécurité », « la construction d’écoles nouvelles » et « la solidarité en direction des quartiers où habitent les Toulousains les plus modestes ».

Mais pour les financer, a-t-il annoncé, Toulouse devra recourir à l’emprunt, devenu « inévitable », et vendre certains de ses biens immobiliers et de ses terrains.

Au nombre des efforts demandés aux Toulousains, il a cité une augmentation des tarifs de diverses prestations et notamment « la fin de la gratuité de la cantine scolaire » en vigueur pour certaines familles. Pour les plus modestes, un tarif de 1 euro le repas sera institué.

La pression fiscale s’accentuera, faisant passer le taux de la taxe foncière de 17,64 % à 20,29, celui de la taxe d’habitation de 15,87 à 18,25 %.

Et le maire a déjà annoncé une autre mesure qu’il sait « impopulaire » : la réduction des « subventions aux organismes extérieurs satellites de la collectivité ainsi qu’aux associations ».

Selon le cabinet du maire, Toulouse métropole et ses 37 communes membres devraient perdre « 640 millions de recettes » en six ans, du fait de la baisse des  dotations de l’État. Le maire a cependant annoncé pour la métropole un effort d’investissement de plus d’1 milliard sur la période 2015-2020.

Il a réaffirmé que la troisième ligne de métro, promise durant sa campagne pour un coût d’environ 1,5 milliard d’euros, serait bien construite, de même que le nouveau parc des expositions et un quartier neuf autour de la gare TGV.

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