Terres agricoles périurbaines: les Safer appellent à éviter le « gaspillage »

Finances locales

Les sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer), qui organisaient jeudi un congrès sur l’aménagement des zones périurbaines ont appelé à éviter le « gaspillage » des terres agricoles à la périphérie des villes.

Sur ces espaces désormais construits (sols bâtis, routes, centres commerciaux, équipements sportifs, …) plus aucune culture ne peut pousser, une préoccupation croissante pour les citoyens, soucieux par exemple d’alimentation de proximité. « En France on consomme le double de terres périurbaines de ce que consomment nos partenaires européens et notamment allemands », a déclaré Hervé Billet, président de la Safer de l’Île-de-France, lors d’une conférence de presse.

Selon lui, diminuer l’urbanisation en France n’est « pas un objectif impossible » et pour ce faire il faut « éviter le gaspillage ».  « Le foncier, on doit le protéger », a-t-il insisté, avant d’ajouter « si on utilise les terres à d’autres fins qu’agricoles, cela doit vraiment être utile ».

« Avoir une capacité d’agriculture en zone périurbaine sera un véritable atout dans les années qui viennent » aussi bien en ermes d’environnement qu’en termes d’alimentation, a fait valoir Emmanuel Hyest, président de la Fédération nationale des Safer (FNSafer). Dans son rapport d’orientation publié à l’occasion du congrès, la FNSafer souligne que la consommation des terres a presque doublé en un demi-siècle, en infrastructures routières, ferroviaires, centres commerciaux, lotissements, etc.

Dans les années 60, de l’ordre de 40 000 hectares par an étaient consommés, entre 1980 et 1992, ce chiffre est passé à 54 000 ha puis à 61 000 ha pour la période 1992-2003. Enfin sur la période 2006-2010, le rythme est passé à 78 000 ha, d’après les derniers chiffres de l’enquête réalisée par le ministère de l’Agriculture.

À cette vitesse en quatre ans, l’équivalent de la surface agricole d’un département moyen disparaît sous l’effet de l’urbanisation. Un paradoxe dans un contexte de forte demande de produits agricoles. L’Europe est déjà un importateur net de produits agricoles.
 

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