35 heures à l’AP-HP : nouvelle journée de grève jeudi contre le « plan Hirsch »

Fonction publique

Après l’accalmie estivale, l’intersyndicale de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris va tenter jeudi 17 septembre de remobiliser les personnels, avec une cinquième journée de grève contre le projet de réorganisation du temps de travail du directeur général Martin Hirsch.

Les syndicats représentatifs (CGT, SUD, FO, CFDT) alliés à la CFE-CGC, la CFTC et l’Unsa, convient les grévistes à un rassemblement à 10h00 devant le siège de l’AP-HP (4e arrondissement).

Ils manifesteront cette fois en direction du ministère des Finances à Bercy (12e), après avoir défilé en mai et juin vers le ministère de la Santé et l’Élysée.

« Application effective des 35 heures », maintien des journées de RTT ou de repos propres à l’AP-HP comme ceux octroyés pour la fête des mères, titularisation des contractuels… Les revendications de l’intersyndicale n’ont pas changé.

Mais si la « colère » est toujours forte, « on ne sera sûrement pas aussi nombreux » que lors des mobilisations précédentes, prédit, prudente, Rose May Rousseau (CGT), qualifiant la grève de jeudi de « mise en jambe ».

« Il y a eu les congés, les assemblées générales reprennent doucement », tandis que la direction a refusé d’échelonner les retenues sur salaires pour fait de grève, ce qui risque de freiner les ardeurs des agents, selon elle.

L’intersyndicale interpelle également le président de l’Assemblée nationale et candidat aux régionales en Île-de-France Claude Bartolone et le Premier ministre Manuel Valls, estimant qu’il serait judicieux d’attendre la fin d’une mission d’évaluation du temps de travail dans les fonctions publiques avant d’engager toute réforme à l’AP-HP.

Croire au père Noël

Martin Hirsch voulait lancer en mai une négociation sur l’application des 35 heures pour les 75 000 agents (hors médecins) des 39 établissements de l’AP-HP, un chantier délicat qui doit permettre selon lui d’économiser plus de 20 millions d’euros et de sauver 4 000 emplois par an.

C’était sans compter sur l’hostilité des syndicats, parvenus dès le départ à mobiliser entre 4 000 et 8 000 personnes dans la rue. Toutefois, le taux de grévistes, de 34 % le premier jour, était retombé à 12,5 % le 18 juin.

Depuis, aucun accord n’a été trouvé sur une nouvelle feuille de route instaurant des « études de terrain » durant l’été, auxquelles les organisations syndicales n’ont pas pris part.

Ces réunions de travail se sont tenues « sans interruption » dans une vingtaine de services « représentatifs de l’activité médicale, administrative, technique », a expliqué à l’AFP Martin Hirsch, leurs premiers résultats étant attendus pour septembre.

« L’été n’a pas été inactif, nous avons poursuivi la phase d’écoute engagée au printemps », a-t-il précisé, assurant être toujours dans « un état d’esprit d’ouverture » et renvoyant la balle aux représentants des personnels.

L’objectif des réunions ? Voir, entre autres, comment adapter les rythmes de travail à l’activité des services pour « mieux prendre en charge les patients, améliorer les conditions de travail et la performance économique de l’AP-HP », assure Martin Hirsch.

Les organisations actuelles sont très diverses à l’AP-HP : plus de 60 % des agents travaillent 7h36 (38 heures/semaine) ou 7h50 (39h10) par jour, mais d’autres travaillent 10 ou 12 heures par jour, et certains cadres sont au forfait.

Les syndicats redoutent un passage de 7h36 à 7h30, qui entrainerait une suppression de 3 RTT sur 18 et de deux jours de congés propres à l’AP-HP.

Des contreparties leur ont déjà été proposées, dont la mise à disposition de logements pour les personnels de l’AP-HP, qui « passent beaucoup de temps dans les transports », selon M. Hirsch.

Un amendement a ainsi été déposé au projet de loi santé, en cours d’examen au Sénat, pour permettre à l’AP-HP de récupérer des logements de son parc privé occupés actuellement par des personnes extérieures à l’établissement.

Martin Hirsch « dit qu’il va améliorer les conditions de travail en faisant des économies sur le dos des personnels, j’ai du mal à croire à ça, c’est encore plus dur que de croire au père Noël », fustige de son côté Olivier Youinou, de SUD-santé.

 

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Posté le par Rédaction Weka

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