Diminution du nombre de fonctionnaires : des discours « populistes » pour Philippe Laurent

Fonction publique
Diminution du nombre de fonctionnaires : des discours "populistes" pour Philippe Laurent
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Le président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT), Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux (Hauts-de-Seine), a jugé mercredi 7 septembre « assez populistes » les discours de plusieurs candidats à la primaire de la droite pour la présidentielle visant les fonctionnaires, leur nombre et leur statut.

Sur la fonction publique, « le débat est vif et je crains qu’il devienne encore plus vif dans les semaines à venir », a observé M. Laurent, également secrétaire général de l’Association des Maires de France (AMF), à l’occasion d’une rencontre avec la presse.

Le président du CSFPT, instance paritaire rassemblant représentants des élus locaux et des salariés, a dénoncé des « discours assez populistes » où le fonctionnaire n’est présenté que « comme une source de dépenses, de coûts » et non comme « producteur de services ». Il n’est « pas dit » si les suppressions de fonctionnaires envisagées vont conduire à la suppression de services publics, a-t-il ajouté.

Pour lui, quand on parle uniquement du nombre de fonctionnaires, « on commet forcément une erreur majeure d’analyse ».

Les principaux candidats à la primaire de la droite – Nicolas Sarkozy, François Fillon, Alain Juppé et Bruno Le Maire – veulent diminuer plus ou moins drastiquement le nombre de fonctionnaires (objectif de – 300 000 sur cinq ans pour Sarkozy par exemple, diminution de 200 à 250 000 par des départs à la retraite non remplacés pour Juppé…) et revoir ou supprimer leur statut.

« La question de la fonction publique, c’est la question du service public », a affirmé M. Laurent, évoquant l’accompagnement des personnes âgées ou la petite enfance, deux secteurs dévolus aux collectivités territoriales. Pour lui, le « bon choix », c’est que les « fonctions collectives » continuent « d’être assurées par le service public » .

Quant au statut des fonctionnaires, il l’a jugé « protecteur » pour les agents « mais aussi pour les employeurs » même si, a-t-il dit, il « doit évoluer ».

Sur ces sujets, une « charte » de l’AMF qui sera soumise aux candidats à la présidentielle insistera notamment sur la « préservation du service public », a-t-il dit.

M. Laurent a remis au printemps à la ministre de la Fonction publique, Annick Girardin, un rapport sur le temps de travail des fonctionnaires montrant qu’ils travaillaient en moyenne 1 584 heures par an, soit 1,4 % de moins que la durée réglementaire de 1 607 heures. Il a souhaité que des négociations s’engagent localement à ce sujet.

Fin 2014, sur les 5,64 millions de personnes travaillant dans la fonction publique, 1,9 million (1,8 million hors contrats aidés), travaillaient dans les collectivités territoriales et établissements publics locaux.

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