La moitié des dirigeants hospitaliers ont été témoins de discriminations envers des tiers

Fonction publique

La moitié des dirigeants hospitaliers, interrogés par l’Association des directeurs d’hôpital (ADH), ont indiqué avoir été témoins de discriminations envers des tiers.

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Après plusieurs années consacrées à la promotion de l’égalité hommes/femmes chez les directeurs d’hôpital, l’ADH a élargi le périmètre d’action de son groupe de travail « égalité des chances » à l’ensemble des risques de discrimination.

Comme « première étape » de son plan d’action, le groupe, piloté par Christine Girier-Diebolt et Sophie Beaupère, vice-présidentes de l’association, a mené en juin une enquête qui a recueilli « plus de 450 réponses », indique l’ADH dans un communiqué* le 22 octobre.

Au terme de trois semaines d’exploitation, l’enquête permet de révéler « les tendances et les ressentis qui traversent l’hôpital et son management en matière d’égalité », observe-t-elle.

Si « près de la moitié des dirigeants hospitaliers interrogés déclarent n’avoir jamais été témoins de discriminations dans le cadre de leurs activités professionnelles », l’autre moitié « en fait état », relate l’ADH.

« Lorsqu’elles existent, les discriminations touchent différemment les usagers, le personnel et les dirigeants », indique-t-elle. Par exemple, le sexe constitue un facteur discriminant majeur pour le personnel (54 % des situations de discrimination évoquées) et pour les directeurs d’hôpital (44 % des situations) alors qu’il est mineur chez les usagers.

Les situations de discrimination se règlent généralement via un management de proximité, puisque dans 53 % des cas, les dirigeants ont engagé un dialogue avec les personnes concernées. « Ils sont 35 % à avoir alerté le chef d’établissement et 26 % la DRH [direction des ressources humaines] », note l’association présidée par Frédéric Boiron.

Elle précise que parmi les directeurs interrogés, près d’un tiers affirme avoir déjà été victime de discriminations au cours de sa carrière. Ce phénomène « concerne en premier lieu les femmes » (40 % ont indiqué avoir déjà été victimes de discriminations), « mais pas uniquement » puisque 21 % des hommes ont ainsi déclaré avoir déjà subi des discriminations.

Les chefs d’établissements tout aussi concernés

L’ADH indique par ailleurs que son enquête « tord le cou au cliché "chef discriminant/adjoint discriminé" ». Elle montre en effet que les chefs d’établissement « sont tout autant concernés que leurs adjoints et que seuls les auteurs changent », explique-t-elle.

Les chefs d’établissement déclarent avoir subi une discrimination principalement dans le cadre de l’évolution de carrière (63 %) ou pour accéder à une promotion (33 %), celle-ci émanant de la tutelle (48 %) ou d’un partenaire institutionnel interne (33 %).

S’agissant du dernier volet de l’enquête qui s’intéressait aux politiques de promotion de l’égalité dans les établissements, plus de 70 % des répondants ont déclaré qu’« aucune action spécifique n’est mise en place sur le sujet dans leurs établissements ».

« Mais ils sont aussi plus de 50 % à penser qu’une politique nationale de lutte contre les discriminations n’est pas nécessaire, préférant la diffusion des valeurs du service public hospitalier au sein des équipes, les actions de pédagogie et le traitement au cas par cas des dysfonctionnements », observe l’ADH.

Les personnes interrogées ont également indiqué soutenir les propositions de l’ADH au travers de l’élaboration de chartes ou de labels (44 %), de guides (36 %), la mise en place de formations (33 %) ou encore l’organisation de colloques (30 %).

 

* Pour en savoir plus : Rapport de l’enquête nationale « État des lieux de l’égalité à l’Hôpital », ADH, octobre 2015

 

Source : Direct Hôpital.com

 

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