Les jeunes fumeurs de cannabis plus souvent en échec scolaire

Jeunesse

Les jeunes fumeurs réguliers de cannabis sont nettement plus susceptibles d’être en échec scolaire que les autres, selon une analyse publiée mercredi 10 septembre dans la revue médicale The Lancet psychiatry.

Les adolescents de moins de 17 ans qui fument du cannabis tous les jours ont 60 % plus de risque de ne pas terminer leurs études secondaires et de ne pas réussir l’examen final, par rapport à ceux qui n’ont jamais fumé. De même, les fumeurs quotidiens de cannabis ont sept fois plus de risque de commettre une tentative de suicide et huit fois plus de risque de faire usage d’autres drogues plus tard dans leur vie, selon l’analyse. « Ces résultats arrivent à point nommé car plusieurs Etats américains et pays d’Amérique latine se sont engagés sur la voie de la dépénalisation du cannabis, ce qui pourrait rendre l’accès à cette drogue plus facile pour les jeunes », a commenté Richard Mattick, un des auteurs de l’étude et spécialiste des drogues à l’Université de Nouvelle-Galles du sud en Australie.

Le cannabis est la drogue illégale la plus répandue dans le monde. Des statistiques récentes montrent que dans certains pays les jeunes commencent de plus en plus tôt à en faire usage. En France, son usage a fortement augmenté dans les années 90 puis s’est stabilisé au début des années 2000. Mais le pays occupe la 1re place européenne pour l’usage récent du cannabis (une fois au cours des 30 derniers jours) chez les jeunes de 15-16 ans. Au total, 44 % des jeunes Français de 15 à 30 ans ont expérimenté au moins une fois le cannabis, selon une enquête de l’organisme public de santé Inpes diffusée en 2013.

L’analyse du Lancet se base sur les données collectées pour trois études sur des populations de jeunes, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Les scientifiques ont cherché à mettre en corrélation la fréquence de la consommation de cannabis chez les moins de 17 ans avec leur comportement plus tard dans la vie. Les critères retenus étaient la réussite scolaire, l’usage de drogues illégales, la dépendance au cannabis, la dépression ou les tentatives de suicide. Un lien « clair et consistant » a été trouvé entre la fréquence de l’usage du cannabis avant 17 ans et la plupart des critères retenus, souligne The Lancet. Pour l’auteur principal de l’étude, le Dr Edmund Silins, ces résultats montrent « de manière évidente » que le fait de lutter contre l’usage précoce du cannabis chez les jeunes offre « d’importants bénéfices au niveau sanitaire et social » pour cette population.

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