Alpes-Maritimes: bras de fer entre des élus UMP et les gens du voyage

Lutte contre les exclusions

Plusieurs centaines de caravanes de tziganes se sont installées ces derniers jours dans les Alpes-Maritimes, entraînant des tensions avec les collectivités locales UMP dont certaines ont déposé plainte.

Les nomades de la communauté évangélique « Vie et lumière » ont notamment afflué à Mougins, Villeneuve-Loubet, Mandelieu-la-Napoule ou encore à Nice, occupant terrains communaux ou parcs départementaux.

Le président du conseil général Éric Ciotti (UMP) a dénoncé lundi 1er juillet, avec d’autres maires du département, « une multiplication (…) inacceptable d’occupations illégales et de dégradations de biens publics » par cette communauté. « L’inaction et la passivité du gouvernement face à des délits caractérisés et dûment constatés ne peut plus durer », estiment-ils dans une déclaration commune.

Pour accueillir la communauté, des terrains ont été réquisitionnés par le préfet, mais, selon les tziganes interrogés par l’AFP à Nice, aucun ne serait véritablement accessible à leurs véhicules.

À Nice, plus de 100 caravanes venant du Var ont notamment pénétré par effraction dimanche sur un terrain de rugby dans l’ouest de la ville. Ils sont repartis pour le Var dans la soirée, a-t-on appris auprès de la mairie.

Le maire UMP Christian Estrosi leur avait proposé dans l’après-midi les 50 emplacements de l’aire d’accueil communale, mais la communauté lui avait signifié vouloir rester unie.

Ses responsables réclamaient avant tout une « aire de grand passage » pouvant accueillir jusqu’à 250 caravanes dont, légalement, chaque département doit être pourvue, avaient expliqué les prédicateurs Jerry et Jonathan, deux porte-parole de la communauté. Ce n’est cependant pas le cas dans le département, a déploré la préfecture dans un communiqué. « Ce qui rend extrêmement difficile la gestion des arrivées de groupes et leur expulsion en cas de stationnement illicite », précise-t-elle.

Éric Estrosi a indiqué à l’AFP qu’il continuerait de réclamer aux nomades partis de Nice le remboursement des frais qu’il faudra engager pour la réfection de la pelouse du stade communal, demandant toujours la « saisie conservatoire de leurs véhicules pour s’assurer du paiement de la facture ».

« Le terrain a été totalement saccagé », mais « toutes les plaques minéralogiques des voitures ont été relevées par nos caméras de vidéosurveillance et par les policiers municipaux postés sur place. Ces gens savent désormais qu’à Nice, on enfreint pas la loi comme ça. La fermeté a payé », s’est félicité l’élu.

Les responsables tziganes n’ont pu être joints dans l’immédiat. La mairie de Nice a déposé plainte pour occupation illégale du terrain et dégradations. Le groupe des conseillers communistes (opposition) au conseil général avait déploré plus tôt dans un communiqué un « déferlement de propos aussi démagogiques que malsains » de la part d’élus « qui semblent se livrer à une compétition de la surenchère en la matière ». Et de renvoyer ces derniers aux « obligations que la loi impose aux collectivités en matière d’espaces destinés à l’accueil des gens du voyage, citoyens français à part entière ».

Seules quatre communes de plus de 5 000 habitants sur 28 ont une aire d’accueil pérenne dans le département, selon la préfecture.
 

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